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 Blum Front Populaire

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Ernest Everhard

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MessageSujet: Blum Front Populaire   Ven 2 Fév - 21:15

Tenez, pour prouvez que je suis pour la formation contradictoire, à mon tour de donner des extraits des formidables oeuvres du camarade Léon Blum...
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Ernest Everhard

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MessageSujet: Re: Blum Front Populaire   Ven 2 Fév - 21:19

LA LOI DES QUARANTE HEURES
par Léon Blum


(page 275) : " J'en reviens maintenant aux circonstances dans lesquelles ont été votées, non seulement la loi des quarante heurts, mais les autres lois sociales. Je l'ai déjà dit à la Cour ; cette loi de quarante heures fait partie intégrante d'un ensemble politique. Cette politique, je n ai pas eu à la choisir, elle m'a été imposée dans les circonstances où j'ai pris le gouvernement, par une nécessité de droit, et par une nécessité de fait, ayant véritablement le caractère d'un cas de force majeure."
"Rappelez-vous que les 4 et 5 juin, il y avait un million de grévistes. Rappelez-vous que toutes les usines de la région parisienne étaient occupées. Rappelez-vous que le mouvement gagnait d'heure en heure et de proche en proche dans la France entière " (page 276) " Je n'étais pas sans rapports moi-même avec les représentants du grand patronat et je me souviens de ce qu'était leur état d'esprit à cette époque... Alors quoi ? C'est la révolution ? Alors quoi qu'est-ce qu'on va nous prendre ? Qu'est-ce qu'on va nous laisser ? " Les ouvriers occupaient les usines. Et peut-être, ce qui contribuait le plus à la terreur, c'était cette espèce de tranquillité, cette espèce de majesté calme avec laquelle ils s'étaient installés autour des machines... " <Je suis arrivé à l'Élysée avec mes collaborateurs vers 7 heures du soir. Je les ai présentés au président de la République. (page 277)
M. Lebrun me répondit alors : "Les ouvriers ont confiance en vous. Puisque vous ne pouvez convoquer la Chambre avant samedi, et que certainement, dans votre déclaration ministérielle, vous allez leur promettre le vote immédiat des lois qu'ils réclament, alors, je vous en prie, dès demain adressez-vous à eux par la voix de la radio. Dites-leur que le Parlement va se réunir, que dis qu'il sera réuni, vous allez leur demander le vote rapide et sans délai des lois dont le vote figure dans leurs cahiers de revendications en même temps que le relèvement des salaires. Ils vous croiront, ils auront confiance en vous, et alors, peut-être ce mouvement s'arrêtera-t-il ?" " (page 278) ". . sans perdre une minute, je m'efforce d'établir un contrat entre les organisations patronales suprêmes, comme le Comité des forges et la Confédération générale de la production, et d'autres part, la Confédération générale du travail. Sans nul doute, j'aurais tenté de moi-même ce qu'on a appelé l'accord Matignon. Mais je dois à la vérité de dire que l'initiative première est venue du grand patronat.
On ne demandait qu'une chose aux Chambres : aller vite, vite, afin de liquider cette situation redoutable, cette situation que j'ai qualifiée non pas de révolutionnaire mais de quasi-révolutionnaire, et qui l'était en effet." (page 279)
La contrepartie, c'était l'évacuation des usines. Dès ce jour-là, les représentants de la CGT ont dit aux représentants du grand patronat qui étaient à
Matignon : Nous nous engageons à faire tout ce que nous pourrons et nous le ferons. Mais nous vous en avertissons tout de suite. Nous ne sommes pas sûrs d'aboutir. Quand on a affaire à un mouvement comme celui-là, à une marée comme celle-là, il faut lui laisser le temps de s'étaler. Et puis, c est maintenant que vous allez peut-être regretter d'avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils n'y sont non plus. Ils ne sont plus là pour exercer sur leurs camarades l'autorité qui serait nécessaire pour faire exécuter nos ordres." Et je vois encore M. Richement qui était assis à ma gauche, baisser la tête en disant :
"C'est vrai, nous avons eu tort" (page 280) "
Mais je dois vous dire qu'à ce moment dans la bourgeoisie, et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m'attendait, on m'espérait comme un sauveur". "... un homme auquel on attribue sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant pour qu'on lui fît entendre raison, et qu'il la décidât à ne pas abuser de sa force. "(page 281) C'était sur la foi de ma parole, sur la foi des engagements pris vis-à-vis d'eux et du Parlement républicain que, petit à petit le mouvement s'est épuisé. Il n'y a aucun doute en qu'à partir de Matignon la décrudescence ait commencé. Il y avait un million de grévistes à ce moment-là, et trois semaines après 100 000. À la fin de juillet (1536) on pouvait considérer que le mouvement était terminé. " (page282)
"Voilà Messieurs, dans quelles conditions ont été "'votées les lois sociales dont l'accusation extrait la loi des quarante heures. " (page 285) '... vous imaginez que la loi des quarante heures, du moment où elle a été votée, a réduit la durée du temps de travail effectif en France à cette époque ? Vous imaginez-vous qu'on travaillait quarante heures en juin 1936 ? On ne travaillait pas quarante heures (...) c'était une exception, un privilège dans un établissement français. " " On me citait récemment le mot de M. Louis Renault :La loi des quarante heures ! Ah ! Si je pouvais être sûr de donner trente heures de travail par semaine à mes ouvriers page 287) " En 1938, c'est autre chose. " "J'ai donc obtenu l'accord... qui porte à quarante-cinq heures, par addition de cinq heures supplémentaires, le temps normal de la durée de travail dans tous les établissements travaillant directement ou indirectement pour la Défense nationale. " Ce sont les besoins, c'est la rotation nécessaire des machines qui sont la donnée fixe et le travail des hommes qui doit être la donnée mobile. "
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Ernest Everhard

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MessageSujet: Re: Blum Front Populaire   Ven 2 Fév - 21:21

LE RESPECT DE LA PROPRIÉTÉ CAPITALISTE
par Léon Blum


(page 320) " Nous avons fait respecter le droit de propriété. Par exemple, au commencement d'octobre, une grève de restaurateurs et d'hôteliers a éclaté juste au moment du salon de l'automobile. Nous avons fait la même opération le mois suivant, en novembre, dans les grèves de la chocolaterie " (page 321)
" Nous avons recommencé dans le Nord à propos des neutralisations. Une loi le principe de l'arbitrage accepté par les patrons, nous avons fait évacuer les usines. Elles ont été évacuées sans attendre que la procédure d'arbitrage fût commencée, sur la seule acceptation du principe de l'arbitrage.,> Le résultat avait été obtenu ; les grévistes avaient été mis hors des locaux qu'ils occupaient ; le droit de propriété était respecté. " (page 326)"[...] j'ai apaisé de grands conflits sociaux, je vois que, pour la première fois, j'ai groupé l'unanimité autour des crédits d armement, je vois que j'ai préparé les esprits en France à cette conception de l'unité française qui aurait du être aussi belle que dans les premiers mois de 1914, car c'est un spectacle qui laisse à tous ceux qui l'ont connu un souvenir inoubliable. " "Je ne suis pas de ceux qui aient jamais ruiné l'autorité du chef d'entreprise. Trop souvent hélas ! les patrons s'en sont chargés eux-mêmes. Je crois que dans une démocratie ouvrière comme dans une démocratie politique, l'autorité est nécessaire ... .""Cette loi sur les contrats collectifs, c'est elle qui a introduit la démocratie dans l'usine. " (page 327) " On ne donnera plus à ces masses ouvrières le sentiment qu'elles sont asservies au travail par le lien d'une hiérarchie qu'elles n'ont pas eu le droit de discuter et auquel elles n'ont pas volontairement consenti " (page328)
" J'ai rempli un rôle auquel j'oserais presque dire que j'étais destiné, un de conciliateur." (page 284) (...) pendant que j'étais au gouvernement, la production a augmenté, non seulement pendant mon gouvernement, mais pendant les deux années qui l'ont précédé. Ce n'est pas douteux ! "
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MessageSujet: Re: Blum Front Populaire   Ven 2 Fév - 21:23

REPARER LES ESPRITS À LA GUERRE
par Léon Blum


(page 330) " Karl Marx a dit que le prolétaire n'a pas de patrie, et en cela il était d'accord avec toutes les législations anciennes, car en Grèce ou à Rome, le prolétaire n'était pas soldat pour la raison qu'il n'avait pas de bien à défendre. Mais Jaurès a dit que si le prolétaire n'avait pas de patrie, le progrès républicain, peu à peu, lui en ferait une, et que c'est à mesure qu'on crée peu à peu pour les ouvriers une copropriété de la patrie qu'on les engage à défendre cette patrie. Cette espèce d'accord unanime qu'on a trouvé en France au moment de la mobilisation était un peu la conséquence de tout cela, et par conséquent était un peu notre œuvre. (page 332>
" [...] avec des violences on ne fait pas plus des ouvriers que des soldats. (page 330) " Appelez cela comme vous voulez : droit de regard, droit de protection, droit de copropriété du travail sur l'appareil productif du pays, conscience de ce qu'il y a d'indissoluble dans le régime moderne de la production, entre l'instrument matériel et le travail de l'homme, on sentait tout cela, mais les ouvriers aussi. Et cette idée, il ne faut pas vous imaginer qu'elle était toxique... Ils ne peuvent que coopérer à un sentiment d'unité entre les différentes classes qui composent la nation. Et au point de vue spécial qui nous occupe, constater une communauté de droits et de devoirs vis-à-vis du patrimoine national, est-ce que cela ne conduit pas à en assurer et à en préparer la défense commune, la défense unanime ? "
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