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 Trois ruptures pour une refondation à gauche

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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 26 Juin - 12:07

Par Dominique Strauss-Kahn

Pour une société juste

« Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.

Rendre un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.

Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.

Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.

Il est devenu commun d’annoncer la "fin d’Epinay", c'est-à-dire l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.

Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.

Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.

"La lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales.

C’est le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.

Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.

Les inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère.

Mais ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes "classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé. A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales. Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales.

Il n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas", la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.

Le temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.

Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt", en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.

Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils : ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la "société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.

Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.

D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.

Chacun constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s’enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l’individualisation des situations. Rien n’est tabou : sur le financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.

La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation : je continue de penser que la construction de l’unité politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionisme aux salariés.

Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d’entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des "ennemis de classe" à vouer aux gémonies.

La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.

Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre l'exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?

La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.

Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.

La "rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société juste.

L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française.

Articulé autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert.


Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir. »
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 26 Juin - 12:09

Pour une nouvelle cohérence économique et sociale

« Deux constats s’imposent à nous. Notre compétitivité s’érode : la France est en train de perdre la bataille économique. Notre modèle social a un coût très élevé alors même que son efficacité dans la lutte contre les inégalités paraît faiblir.

De ces deux constats indiscutables, Nicolas Sarkozy a tiré une stratégie et une diatribe : la France doit retrouver sa compétitivité en liquidant son modèle social. Il semble penser de surcroît que cette liquidation ne suscitera guère de protestations, puisque ce modèle procure moins de bénéfices que par le passé et qu’il n’est plus créateur d’espoir.

Largement enfermée dans le schéma de la relance par la demande, la gauche a refusé de prendre toute la mesure de la perte de compétitivité de l’économie française et a continué de faire comme si l’on pouvait redistribuer sans trop se préoccuper de produire. Dans le même temps, elle n’a pas suffisamment pris en compte la montée en puissance de nouvelles formes d’inégalités et a considéré que les politiques sociales traditionnelles continuaient à fonctionner de façon satisfaisante. Leur évidente incapacité à lutter contre la pauvreté et l’explosion des inégalités a été attribuée non à leur inadéquation grandissante, mais à une force de frappe insuffisante. Il ne s’agissait plus dès lors de les faire évoluer : il suffisait de les renforcer.

Que la thérapie retenue par Nicolas Sarkozy soit inappropriée ne change rien au diagnostic : entre deux constats fondés et partagés par une grande majorité de Français et une analyse doublement décalée, les électeurs ont choisi. Pour rétablir sa crédibilité, la gauche doit retrouver une cohérence économique et sociale qui permette de fonder une critique radicale du libéralisme sans se limiter à un pamphlet contre le capitalisme.


La compétitivité et l’égalité réelle


Si l’on veut remédier à la perte de compétitivité de notre économie, il faut en identifier les causes. Sur un marché devenu mondial, arrivent une quantité importante de travail et une moindre quantité de capital. Devenu relativement abondant, le travail voit son prix baisser ; demeurant relativement rare, le capital bénéficie d’une rémunération croissante. Pour autant, la stratégie conduisant la France à renouer avec une compétitivité forte ne passe pas par l’abaissement du coût du travail : quelle que soit l’amertume de la potion libérale imposée à l’économie française, le coût du travail n’y sera jamais assez faible pour autoriser notre pays à rivaliser en la matière avec les économies émergentes. Il faut au contraire promouvoir le type de travail qui, à l’échelle du monde, reste rare et peut donc être cher : le travail suffisamment qualifié pour nourrir l’innovation.

Quant à notre modèle social, il souffre aujourd’hui de deux faiblesses qui le rendent peu apte à contribuer à l’égalité réelle. Les politiques sociales sont d’abord trop réparatrices et pas assez préventives. Il ne suffit plus de constater les inégalités créées par le marché et de chercher à les compenser au moyen d’allocations diverses : il faut les attaquer à la racine, là où elles se forment, dès l’enfance, au travail, dans le tissu urbain. On ne peut plus se contenter d’aider les pauvres : il faut construire une société qui fabrique moins de pauvres. De ce point de vue, les politiques d’éducation et de santé sont les premières en cause. D’où la nécessité, sur certaines parties du territoire, d’allouer massivement du capital public à ceux qui ont peu de capital personnel. C’est ce qui justifie de limiter à quinze élèves l’effectif des classes dans certaines banlieues ou certaines zones rurales. C’est ce qui fonde l’opposition à l’instauration des franchises médicales et impose, à rebours, l’adoption d’une vigoureuse politique de prévention en direction des enfants et des familles pauvres.

Nos politiques sociales sont ensuite trop monétaires : elles reposent excessivement sur le versement d’allocations et font encore assez largement l’impasse sur l’accompagnement individuel. Le vieillissement de la population illustre l’inadéquation de ce modèle : sujet crucial des décennies à venir, il ne peut trouver de réponse pertinente dans la seule redistribution monétaire. Le problème des retraites est évidemment important ; mais l’adaptation du travail à l’âge des seniors, l’amélioration de la santé au travail ainsi que la prise en compte de sa pénibilité sont des questions tout aussi décisives.


Nous voyons tous aujourd’hui que les remboursements ne suffisent plus à garantir l’amélioration de l’état de santé des individus, contrairement à la mise en place de parcours de soins. Nous voyons aussi que l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire n’est pas véritablement un gage de la réussite à l’école, contrairement au renforcement de l’encadrement des élèves et du soutien qui peut leur être apporté.

Le social dans l’économie


Ce qu’il nous faut finalement, ce n’est ni le social au mépris de l’économie, que la gauche a trop tendance à pratiquer lorsqu’elle croit pouvoir développer des politiques sociales en négligeant les conditions de leur financement, ni le social par l’économie, que la droite persiste à prôner parce qu’elle pense que quand l’économie va, tout va. C’est le social dans l’économie, c'est-à-dire des politiques sociales dont la mise en œuvre contribue à la croissance économique.

Quand on permet aux talents qui naissent dans les banlieues d’aller à l’université, c’est aussi l’économie dans son ensemble qui en bénéficie. Quand on améliore la santé au travail, c’est aussi la productivité qui s’élève. Quand on facilite le retour à l’emploi des salariés frappés par les délocalisations, c’est aussi le tissu industriel qui retrouve sa trame.

Si notre avenir repose sur la valorisation du capital humain de nos concitoyens, c’est parce que la protection contre les effets indésirables de la mondialisation passe par une économie plus efficace. Ce qui nous protégera à l'avenir, c'est la compétitivité, pas le repli. Il nous faut donc un Etat qui fasse de cette entreprise de valorisation sa tâche principale, non un Etat qui s’emploie à privilégier la rente en abaissant les droits de succession.

Une politique durable

Chacun comprend aujourd’hui qu’il n’est de politique efficace que si elle est durable. « Durable », cela veut dire qu’elle sera mise en œuvre longtemps et poursuivie avec opiniâtreté, mais aussi qu’elle sera efficace et financée à long terme - certains diraient « soutenable ». Il faut donc intégrer à la logique du développement des contraintes – sociales, environnementales, énergétiques - qui ont jusqu’alors été considérées comme latérales. Une fois la politique économique définie, on s’interrogeait sur ses conséquences sociales et environnementales pour en corriger éventuellement les effets. A l’avenir, il ne pourra plus en aller de la sorte. Il faut dorénavant que, dès sa conception, la politique tienne compte des conditions de sa durabilité.

Ceci vaut naturellement aussi pour les finances publiques. Le retour à un taux d’endettement supportable est la condition impérative d’une politique durable. On comprend aisément que ceci ne soit guère compatible avec une politique à courte vue d’allègements fiscaux.

Disons-le d’une phrase : aucune politique ne peut porter de fruits si elle n’est pas suffisamment acceptée par la société pour durer, durer, durer encore.

Le contrat et l’Europe

Comment le faire ? Question de méthode. Question d’espace aussi.

La méthode, c’est le contrat. Le contrat entre l’Etat et ses différents partenaires, en particulier les collectivités territoriales sur lesquelles reposeront, à l’avenir, une bonne part des politiques publiques. Mais aussi le contrat avec, et entre, les partenaires sociaux. Il faut pour cela des syndicats forts et, surtout, parfaitement légitimes. D’où l’ardente nécessité de mettre en place des mécanismes propres au renforcement de leur représentativité. D’où, aussi, l’importance d’engager de vraies négociations et de se refuser à poser constamment le pistolet de la loi sur la tempe des partenaires sociaux. D’où, enfin, l’urgence de favoriser l’émergence d’un nouvel acteur, le consommateur, qui doit être en mesure de contester la toute-puissance des entreprises.

L’espace, c’est l’Europe. L’Etat-Nation n’est plus le lieu pertinent de la lutte contre les effets indésirables de la mondialisation. De cette affirmation banale, il faut tirer toutes les conséquences : donner à l’Union européenne les moyens de financer des politiques favorables à la croissance et à l’emploi comme de piloter la recherche ; négocier les premiers éléments d’une Europe sociale ; garder l’ambition de fonder une Europe politique. Je ne vois rien de cela ni dans le protectionnisme national qui nous a été promis pendant la campagne présidentielle, ni dans le mini-traité qui nous est annoncé par Nicolas Sarkozy.

Il n’y a pas d’avenir pour la France dans une vision trop étroitement nationale ou trop étroitement économique. Il n’y a pas d’avenir pour la gauche dans une vision trop étroitement sociale ou trop étroitement étatique. Notre avenir ne peut se construire qu’à travers la mise en œuvre, dans l’espace européen, de politiques négociées permettant de répondre à l’exigence sociale et de renforcer la compétitivité. Ceci passe par une réforme radicale de nos politiques publiques qui ne peuvent plus prétendre se limiter à corriger, après coup, les méfaits du capitalisme mondialisé. Il faut accepter de « se salir les mains », d’intervenir sur le fonctionnement même du système productif. Il faut un socialisme du réel. »
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 26 Juin - 12:11

La nouvelle bataille des valeurs

« Pour conclure cette série de réflexions dans « le Nouvel Observateur », je voudrais dire quelques mots des valeurs qui peuvent guider la gauche aujourd'hui. Nous critiquons le monde tel qu'il est et nous voulons le transformer, mais nous ne pourrons le faire qu'en sachant ce que nous voudrions qu'il soit. Le socialisme du réel ne peut se passer de l'idéal d'une société juste. Les Français exigent des partis des réponses concrètes aux problèmes de leur vie quotidienne, mais ils cherchent également dans le discours politique une représentation de ce qu'ils font et peuvent faire ensemble. De ce point de vue, nous n'avons pas perdu en ce début d'année 2007 la seule bataille des projets économiques et sociaux. En laissant Nicolas Sarkozy imposer sa vision de la nation, de l'ordre, du travail, du mérite, nous avons aussi perdu la bataille des valeurs, faute de l'avoir livrée avec nos armes. Il y a, bien sûr, au coeur de la gauche, une aspiration qui traverse les époques : une soif de justice et de liberté, une révolte contre la fatalité, les privilèges et la domination, un humanisme fondamental qui conduit à reconnaître en chaque homme un alter ego. Née des Lumières, elle a été portée par la Révolution française puis par le mouvement socialiste dont nous sommes les héritiers. Elle nous survivra. Mais cette aspiration ne suffit pas à nous définir. Les valeurs elles-mêmes ne sont pas épargnées par le mouvement du réel et de l'Histoire. La gauche est une conscience collective qui cherche sa voie à travers des expériences successives. Nous avançons, nous tâtonnons, nous inventons des modèles ; et à chaque époque nouvelle, nous devons tirer de ce que nous avons appris de nos succès, de nos erreurs et de nos oublis aussi les leçons qui nous permettront de reformuler notre vision du monde.


La liberté ordonnée


Les années 1960 et 1970 nous ont légué une cohérence marxiste et libertaire : alors que les libertés économiques étaient suspectes, les libertés individuelles se trouvèrent sacralisées. Cet héritage demeure notre socle. Face à l'insécurité économique, aux dégâts écologiques, aux inégalités sociales qu'il engendre, nous persistons à vouloir réguler le capitalisme. Contrairement aux libéraux, qui veulent « libérer » le marché de toutes ses entraves, nous continuons de penser, en sociaux-démocrates, qu'il faut organiser la tension entre le capital et le travail. Aussi nous efforçons-nous d'encadrer le fonctionnement du marché. Mais, parallèlement, nous avons progressivement reconnu que la liberté d'entreprendre était source d'efficacité économique et créatrice de richesse. De notre capacité à convaincre de la cohérence de ces deux affirmations - la nécessaire régulation du capitalisme et la nécessaire promotion des entrepreneurs - dépend, pour une bonne part, l'avenir de la gauche. Il nous faut de même concilier la loi et l'ordre. Frappée d'hémiplégie, la gauche a longtemps négligé la répression, confiant à la seule prévention le soin de garantir la sécurité. Une pathologie symétrique conduit aujourd'hui la droite à tout miser sur la répression. Sanctionner sans faiblesse les atteintes à la loi après avoir mis en oeuvre les moyens permettant d'éviter la multiplication des infractions : telle est la voie que doit emprunter un socialisme du réel. Le moment est venu d'entériner cette évolution idéologique. Pour traduire ce double rééquilibrage - de la liberté et de la responsabilité, des droits et des devoirs -, j'aime à parler de liberté ordonnée. Les batailles sémantiques et symboliques sont des batailles politiques ; à l'heure où la droite engage une offensive caricaturale contre l'esprit de Mai-68, je crois important de montrer que la gauche est capable de faire bouger les lignes sans pour autant céder en rien, ni dans les mots ni dans les propositions, à l'idéologie de ses adversaires.

L'égalité réelle


Poser en principe que les seules inégalités sociales et économiques acceptables sont celles qui bénéficient aux membres les plus défavorisés de la société, c'est donner un contenu concret à l'égalité. Il ne s'agit pas d'éliminer les différences « naturelles », même si l'on sait à quel point elles sont socialement et familialement conditionnées. L'égalitarisme niveleur, qui est par exemple à l'origine d'utopies scolaires comme celle du « collège unique », refuse aux plus mal lotis ( promus de classe en classe à l'ancienneté ) l'opportunité de progresser selon des rythmes et des méthodes adaptés à leurs capacités réelles. Parce qu'il bride les talents des plus doués, cet égalitarisme est responsable d'une seconde injustice à l'endroit des moins favorisés : les chances qu'ont ces derniers de bénéficier un jour du fruit des efforts des premiers en sont diminuées. La justice ne consiste pas à nier ou à entraver les talents au prétexte de leur répartition arbitraire, mais à les faire contribuer à l'amélioration des perspectives des membres les moins bien dotés de la société. La conception sociale-démocrate de la République, ce n'est donc pas l'égalitarisme niveleur. Mais ce n'est pas davantage l'ouverture d'une course inégale à la domination telle que la prône Nicolas Sarkozy, lequel semble faire sienne la formule de Hayek : « A ceux qui ont, l'on donnera. » Ma conception, c'est celle de la mutualisation des talents : nous devons les regarder comme des atouts collectifs et nous considérer mutuellement comme les bénéficiaires des avantages résultant de leur épanouissement. Il n'y a rien de choquant à prétendre que l'activité collective de la société est mieux à même que l'égoïsme individuel de soutenir nos efforts, de susciter notre contribution, et de rendre réalisable ce dont nous sommes capables.


La fraternité laïque


A la fragmentation du salariat qui érode le sentiment de classe, à la mondialisation qui désarticule les Etats-nations s'ajoute depuis quelques décennies la montée d'une forme d'individualisme invitant chacun à cultiver son autonomie et à affirmer sa différence. Mais les solitudes et les angoisses qui accompagnent cette nouvelle donne font aussi resurgir les besoins d'appartenance et les revendications identitaires. De nouveaux réseaux de communication et de sociabilité se développent, de nouvelles références territoriales ou religieuses apparaissent, mettant sous tension la conception républicaine de la nation. L'égalité réelle suppose le souci du bien commun. Mais elle ne requiert pas l'uniformité des croyances, des moeurs et des cultures. Respecter l'égalité des droits des citoyens impose de ne pas leur prescrire une manière de vivre déterminée ou une conception particulière du bonheur privé - fût-ce celle de la majorité d'entre eux.


C'est ainsi que la pluralité des orientations sexuelles appelle de la part de la démocratie autant de respect que la diversité culturelle : elle est une richesse que doivent accueillir favorablement les sociétés libres, un des innombrables moyens par lesquels ces dernières échappent à l'uniformité. Il y a toutefois un point sur lequel nous ne devons pas, à mon sens, transiger : notre refus d'une communautarisation insidieuse de la société et de l'espace public qui, en enfermant les individus dans des identités figées et en imposant une représentation ethnicisée de la société, perpétuerait durablement les inégalités. Loin de tout archaïsme, notre attachement viscéral à la laïcité reste, de ce point de vue, un combat pour l'émancipation et l'égalité.


Là aussi, la doctrine de la gauche doit faire la part entre la fidélité à son héritage idéologique et la prise en compte des nouvelles réalités sociologiques. L'hospitalité que la démocratie accorde aux différences n'est pas faite d'indifférence aux individus et aux valeurs : elle résulte de la séparation à laquelle procède la démocratie entre le public et le privé d'une part, le politique et le religieux d'autre part. La démocratie ne peut donc admettre qu'au nom de leur singularité personnelle ou de leur particularisme culturel des individus ou des groupes remettent en question la laïcité, condition même de la tolérance dont ils bénéficient.


Le progrès maîtrisé


Comment achever l'esquisse d'une refondation de la gauche sans revenir sur la notion de progrès ? Cette dernière n'est plus à la mode. Le repli sur elle-même d'une société inquiète laisse douter du progrès social ; les bouleversements environnementaux font voler en éclats l'illusion de l'asservissement sans limites de la nature ; l'émergence de nouvelles interrogations morales, liées par exemple à l'utilisation des cellules souches ou des OGM, effraie autant qu'elle fascine. La défiance qu'inspire l'idée de progrès se nourrit de l'opacité qui entoure les expérimentations scientifiques comme les grands choix technologiques, notamment en matière énergétique. Aussi est-il sans doute nécessaire de placer ceux-ci sous un rigoureux contrôle démocratique. Mais refuser toute dérive scientiste ne nous dispense pas de renouer avec le règne de la raison, qui est, depuis deux siècles, la marque des progressistes. Rejeter frénétiquement l'expérimentation scientifique, s'abriter couardement derrière la recherche du « risque zéro », voilà qui pave la voie d'un retour de l'obscurantisme que la vénération de la nature tente d'habiller idéologiquement. C'est, ici encore, l'identité même de la gauche qui est en jeu. Réel et donc rationnel : tel est le socialisme que je veux aider à refonder. »
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julien guerin



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MessageSujet: deux ruptures de gauche!   Lun 2 Juil - 20:09

Pour moi aussi la gauche doit faire un certain nombre de rupture pour se refonder et se rénover.
Cependant, mes ruptures ne sont pas les mêmes que celles que demande le camarade DSK. Pour moi ces ruptures sont au nombre de 2.

1) C’est d’abord la rupture définitive et complète avec le social libéralisme qui a conduit la gauche dans le mur à plusieurs reprises depuis 25 ans et le tournant de 1983. Cela signifie concrètement tourner le dos à cette fausse bonne idée de social démocratie, notion et concept non opératoire dans la période actuelle.
Pourquoi ? Parce que c’est une idée archaïque qui remonte au siècle dernier et qui ne prend nullement en compte le changement profond de la nature du capitalisme. La social démocratie était opératoire dans le cadre d’un capitalisme productif se déroulant essentiellement dans les frontières de l’Etat nation. Elle faisait alors le choix du compromis ente le capital et le travail par une meilleure redistribution de la richesse produite. Avec la mondialisation et la transnationalisation du capital les compromis ne sont plus possibles.
De plus, la social démocratie a été poussé a faire ,lors des 30 glorieuses, des mesures sociales face au contre poids idéologique du communisme à l’est et en URSS qui après guerre était une force d’attraction non négligeable. Pour éviter que les masses ne se tournent vers ce type de solution, un certain nombre de mesures fortes ont du être prises. Ce fut les cas après guerre en France avec le programme du CNR en 44-47 et même tout au long de la IVéme République ou la SFIO a joué un rôle essentiel. IL est, entre parenthèse, tout a fait intéressant de noter que le France alors ruinée au sortir d’un conflit terrible ai mis en place la retraire solidaire par répartition, la Sécu et opérer de vastes nationalisations…alors qu’aujourd’hui dans un pays tellement plus riche certains nous expliquent que l’heure est à la retraite par capitalisation et aux privatisations…Bref …En tous cas ce cycle historique qui débuté par le sommet de Yalta et s’achève avec la chute du Mur et de l’URSS en 89 et 91 est bien terminé !
La chute du stalinisme et la soit disant fin de l’histoire annoncée par les grands idéologues libéraux repose en définitive la question de l’alternative a construire face au capitalisme impérial à la sauce bushiste. C’est une nouvelle gauche qu’il faut construire ! Une gauche qui tourne le dos aux vieux compromis socio démocrates des 30 glorieuses et qui tire les leçons de l’échec des régimes dits socialistes. Une gauche fidèle au meilleur héritage du marxisme et apte a servir les travailleurs, les salariés et les peuples aussi bien que la droite et le libéraux servent les patrons, les rentiers et les actionnaires ! Pour cette noble et grande tache de refonder le socialisme du XXIème siècle la social démocratie proposée par DSK n’est pas à la hauteur. La preuve par les faits…et comme disait Lénine « les faits sont têtus »…
En Europe la social démocratie est en totale faillite, alliée à la droite libérale en Allemagne…pays ou est justement le concept de social démocratie et ou le SPD fut longtemps une référence pour le mouvement socialiste mondial. Elle est aujourd’hui co responsable des contre réformes anti sociales du gouvernement Merkel. En Angleterre le New Labour à la Blair a tourné le dos aux aspirations des classes populaires et du mouvement social en ne remettant pas du tout en cause les lois scélérates de Miss Magie Tatcher contre les services publics, le droit de grève et les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière britannique aujourd’hui à genou…Les socio démocrates italiens sont en train de fusionner avec le centre démocrate chrétien, ils sont éradiqué du, paysage politique en Pologne pour s’être fait les valets du libéralisme le plus doctrinaire et le le plus brutal et ainsi ouvert la voie aux solution autoritaires et fascisantes des jumeaux fous…Face aux reculs de la social démocratie s’est toujours la droite populiste et dure qui avance…En Amérique latine, les socio démocrates vénézueliens marchent en tête de l’opposition à Chavez et se sont rendus coupables de soutien au coup d’Etat impérialiste manqué en 2002 contre le président élu démocratiquement et dont les mesures mettaient en cause les petite privilèges de castes des bureaucrates syndicaux du pétrole liés la social démocratie. De même au Brésil ou le PSDB est dans l’opposition de droite au pourtant bien modéré Lula…
Trahissons, échecs, discrédit auprès des couches populaires dont elle doit pourtant être porteuse des aspirations, la social démocratie n’est décidément pas un modèle pour la gauche du XXIème siècle que nous voulons construire !
En Fance le social libéralisme est minoritaire dans la gauche et il faut donc lutter pour un programme commun de TOUTE la gauche. Projet élaboré par un brassage de tous les courants, de toutes les sensibilités de la gauche, du mouvement social et ouvrier. Il ne faut pas un projet de centre gauche ou d’extrême gauche (sinon ou se situe aux marges) mais un projet au coeur de la gauche et du salariat !! Je développerai cela dans un autre courrier, a savoir la base sociale d’un tel projet de rupture, sa mise en ouvre, les alliances nécessaires pour gagner…


2) La seconde rupture c’est celle avec les instituions bonapartistes et antidémocratiques de la Véme République. Issue d’un coup de force en 58 ces institutions, jadis fustigées comme un coup d’Etat permanent par la gauche doivent être remises en cause en profondeur.
Il faut s’attaquer au présidentialisme qui résume toue la vie politique à une élection personnelle. Cela réduit en fait notre vie poltique à la recherche du meilleur « poulain » par les instituts de sondages et les grands groupes de presse et de médias propriétés des bétonneurs et des marchands de canons ! En personnifiant la politique, on dépolitise les personnes, la gauche doit sans cesse le répéter haut et fort ! L’inversion du calendrier et la quinquennat votée et décidé par la gauche fut une lourde erreur dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences…
C’est les législatives, avec proportionnelle, qui doivent devenir l’élection majeure dans le pays ! Les idées avant les hommes (ou les femmes d’ailleurs). Marchons vers une République nouvelle, parlementaire, sociale et pleinement laïque ! (Donc on abroge le concordat et toues les lois anti laïque contre l’école de la République)

La gauche doit donc être porteur de deux ruptures :

-sociale : a bas le social libéralisme et le mi chèvre mi chou !,pour une nouvelle gauche qui redistribue les richesses du capital vers le travail et s’appuie sur le mouvement social !

- Démocratique : a bas le bonapartisme et vive la république sociale !

Le débat est ouvert et loin d’être clos car je ne fais ici qu’un esquisse de proposition pour une gauche de gauche enfin décomplexée !

« Celui qui n’est pas pour la rupture avec la société capitaliste, il ne peut pas être socialiste » Mitterrand en 1971

Julien guerin
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François T

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 20:49

Je suis tout à fait d'accord avec ton 2ème point . Je ne reviendrai donc pas dessus .

Concernant le 1er, par contre, je suis en désaccord avec toi.
Tout d'abord parce que la ligne que tu prônes n'a pas de sens : revenir au "meilleur du marxisme", qu'est-ce que cela signifie exactement ? Le "grand soir" ? C'est ce qu'attend toujours Arlette Laguiller en suscitant, à juste titre, des sourires sinon des rires .La "lutte des classes" ? Encore faudrait-il que ces prétendues classes existent ! Si la classe bourgeoise existe encore bel-et-bien - avec, il est vrai, plusieurs bourgeoisies au sein de celle-ci- qui peut prétendre que la classe ouvrière existe encore ? Bien évidemment, il existe des personnes exploitées, des prolétariats, si tu préfères . Mais où est passée la conscience de classe ? Marx lui-même le dit, c'est la conscience de classe qui crée la classe, bien plus que la similitude des conditions de travail et de vie . Si on n'arrive pas à analyser la domination politique de la droite comme la domination de l'individualisme social (au sens où il n'y a pas de conscience de classe - du moins pour les exploités), nos combats seront toujours vains .
Alors tu proposes une "nouvelle gauche qui redistribue les richesses du capital vers le travail " . Mais pour les distribuer, il faut les produire ! Il y a là deux solution : une économie d'état (collectiviste) ou une économie de marché. La première a été un échec dans les pays communistes (en URSS particulièrement ). Je ne crois pas que tu soutiennes véritablement cette solution . Il faut donc composer avec l'économie de marché . Mais comme cette économie produit des inégalités, évidemment constatables, il s'agit de la réguler, ce que, sans doute, tu appelles le "mi chèvre mi chou" . Pour la réguler, il faut l'accepter . Colmater vainement en redistribuant mais sans jamais penser à agir dans le système même n'est pas une solution . Car d'un côté tu soutiens l'économie de marché pour la production mais tu t'y opposes dès lors que tu redistribues : tu mènes une politique tout à fait ambiguë et ton projet n'est pas crédible .
La social-démocratie, loin d'être l'horrible cause de tous les maux ignobles que tu décris- pour une simple et bonne raison d'ailleurs, c'est qu'elle n'a jamais été mise en place véritablement et surtout pas en France !- se propose de développer un modèle économique cohérent, non générateur d'inégalités, et cela à partir d'une véritable observation des réalités sociales . Je développerai cela plus tard, à moins qu'un autre -plus compétent que moi- veuille prendre la relève .^^
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Matthieu Perona

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 21:38

Moi aussi, comme Julien Guérin je vous propose une grande refondation à gauche, en rupture avec le libéralisme de la social-démocratie. Cette refondation nécessaire à gauche s'appuie sur une union indispensable à la gauche du PS :

Voici le texte adopté par le CN de PRS auquel j'ai participé à Bordeaux les 30 juin et 1er juillet derniers : http://www.pourlarepubliquesociale.org/filemanager/download/180/la%20gauche%20d'apr%E8s.pdf
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Matthieu Perona

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 21:44

François T, je suis en profond désaccord avec ton analyse du marxisme et il ne faudrait pas caricaturer les socialistes, c'est-à-dire ceux qui refusent la social-démocratie, dans une posture révolutionnaire attentiste du grand soir.

En revanche, tu poses une excellente question sur ce qu'est devenue la conscience de classe, c'est-à-dire pourquoi les plus pauvres ont voté contre leurs intérêts en élisant Nicolas Sarkozy.

Parce que pour la conscience de classe, ne faudrait-il pas que la gauche se réveille et fasse son travail d'éducation populaire et de formation politique, l'inverse de la campagne participative de Ségolène Royal qui revenait à écouter les gens mais sans structurer le message, sans répondre par un programme cohérent. La gauche doit expliquer ses fondamentaux, c'est là que Nicolas Sarkozy nous a piégé avec un programme assumé et malheureusement audible.
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 23:23

Rapidement quelques remarques:

Sur la question des différentes références que tu listes afin de mettre en exergue le soi disant échec et déclin de la social démocratie en Europe et dans le monde : il serait agréable afin de poser le débat dans un cadre un tant soit peu apaisé et réel, d'éviter de considérer les partis cités comme tenant de la social-démocratie que nous appelons pour le PS au seul motif qu'ils en ont l'appelation, car sinon on pourrait si on voulait tourner plus longtemps encore en rond, affirmer que le socialisme est une idée morte au motif que le parti de Ben Ali en Tunisie et celui de Bagbo en Côte D'Ivoire sont encore membres de l'Internationale socialiste.

Sur la participation du SPD à la coalition avec Merkel, il existe déjà un topic là dessus: http://jeunesgauches63.jeun.fr/Actualite-c3/Vos-reactions-f3/Elections-regionales-Allemandes-t78.htm. Et encore une fois, il serait bien de ne pas oublier la responsabilité du linkspartei (base du Die linke, dont PRS, alors je ne sais pas FMDS mais je l'en doute soutien la création...) là dedans en refusant toute alliance avec le SPD.

Pour l'Italie, il est vrai de dire que les sociaux-démocrates se rapprochent des démocrates chrétiens, mais il n'est pas faut non plus de dire qu'ils gouvernent avec les communistes notamment.

Pour info: L'olivier regroupe les partis et mouvements suivants :

Unis dans l'Olivier (et ses trois composantes principales dont les Démocrates de gauche, les Républicains européens et la Margherita) ;
i Verdi qui depuis leur adhésion à cette coalition, portent le nom de I Verdi-L'Unione ;
Popolari-UDEUR ;
Italia dei Valori
Refondation communiste ;
Parti des communistes italiens ;
la nouvelle coalition de la Rose au poing (qui comprend aussi les Radicaux italiens) ;
Les Socialistes, parti issu du Nouveau PSI, lui-même proche de Silvio Berlusconi ;
pour certaines élections locales, le Patto — qui se considère de centre-droit mais a refusé de se présenter en 2006 avec la Maison des libertés, l'alliance de la droite autour de Silvio Berlusconi ;
le nouveau Parti socialiste démocratique italien recréé en 2004, un député en 2006 ;
le Parti des retraités (pensionati) ;
la Südtiroler Volkspartei (Haut-Adige).

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Union_%28Italie%29
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 23:33

Pour le New Labour, encore une fois, je crois que le tournant de Blair s'éloigne de la logique social démocrate, mais cela mérite un vrai débat, notamment sur le tourant social du libéralisme via JS Mill ou ce que Hobhouse appelait le "nouveau libéralisme"...

Au surplus, il faut également s'attacher au contexte local, l'Angleterre d'aujourd'hui n'est plus le bastion ouvrier et industriel de la vieille europe...
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Ernest Everhard

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 23:34

François T a écrit:
c'est la conscience de classe qui crée la classe,

Admettons.

Puisqu'il faut bien reconnaître à Ségolene Royal une certaine continuité dans sa tentative de destruction méthodique de la conscience de classe ( alliance avec le centre, grande union fraternelle des exploiteurs et des exploités qui communient ensemble avec ferveur leur admiration au drapeau tricolore puisque c'est "gagnant-gagnant",...), devons nous en conclure qu'elle cherche par la même à saper les fondements de l'organisation autonome du salariat ?

Et pour rire, si la conscience de classe crée la classe, plus de conscience de classe, plus de classe ?? Donc plus de classe, plus d'exploitation de classe ?? Et plus d'exploitation de classe = le socialisme ??

Quelque chose ne tourne pas rond...
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François T

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 23:44

Mathieu, je ne caricature pas les socialistes, d'autant plus que j'en fais partie ^^
Bien évidemment, je ne réduis pas votre ligne à "une posture révolutionnaire attentiste du grand soir"; je vous crois trop lucide pour cela . Mais je dois avouer que je ne comprends pas votre position entre fidélité au marxisme et refus de la révolution, ce qui semble en soi contradictoire . Je crois que Marx est très intéressant, ses analyses sont sans nul doute d'une grande valeur, encore aujourd'hui (et doit être assurément présent dans nos réflexions). Mais il est, je pense, incomplet pour saisir les enjeux d'aujourd'hui . Néanmoins, je serais très intéressé par ton analyse du marxisme ; je me suis bien gardé d'ailleurs de donner la mienne (je ne suis pas assez compétent pour cela et je n'en connais pas tous les détails).

En ce qui concerne la conscience de classe, je crois que tu fais erreur quand tu crois qu'une idéologie politique peut l'inculquer, ce que tu suggères en disant que la gauche doit faire "son travail d'éducation populaire et de formation politique" .Malheureusement, je crois que c'est considérer les choses dans le sens contraire : la conscience de classe précède, je pense, le mouvement politique . Pourquoi alors la perte de la consience de classe ? Je crois que c'est une question très complexe . J'ai peut-être quelques pistes, sans en être sûr : la domination de l'idée de réussite individuelle qui est le corrélat du libéralisme, la diminution numérique des travailleurs ouvriers (liée à la crise industrielle qui a par ailleurs dévalorisé les secteurs industriels), l'éclatement qualitatif et quantitatif des activités où domine l'exploitation . Pour illustrer d'un exemple cette dernière proposition, je donnerais celui des caissières (qui sont à mes yeux parmi les plus exploités) : ont-elles conscience d'appartenir à la même classe que les travailleurs ouvriers ?
Pour revenir au "travail d'éducation populaire", que faire ? Enseigner que la situation de la caissière est similaire à celle des ouvriers les plus exploités ? Cela est sans doute vrai, mais jamais tu ne réussiras à convaincre la caissière que c'est le cas . Bien plus que d'une prise de conscience rationnelle, cela relève à mon avis d'un sentiment vécu dans le travail lui-même .
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François T

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Lun 2 Juil - 23:53

Ernest Everhard, je n'avais pas encore lu ta réponse en tapant mon précédent message . Je suis désolé de répondre brièvement, je n'ai pas beaucoup de temps .

Concernant Ségolène Royal, je crois qu'il est un peu hâtif de lui attribuer la perte de conscience de classe, processus dont l'origine remonte à plusieurs décennies .

"Et pour rire, si la conscience de classe crée la classe, plus de conscience de classe, plus de classe ?? Donc plus de classe, plus d'exploitation de classe ?? Et plus d'exploitation de classe = le socialisme ??"
C'est vraiment pour rire, n'est-ce-pas ? ^^
Parce que le fait qu'il n'y a plus de conscience de classe implique que les combats de classe ("la lutte des classes"), avec le sentiment collectif que cela implique vraiment, est un concept périmé, tout simplement parce que tu ne mobiliseras plus tous ceux qui appartiennent à une classe d'exploités . Mais cette classe d'exploités existe bel-et-bien, et je l'ai affirmé plus haut : je ne nie en aucun cas l'idée d'exploitation !Mais cette classe est complètement éclatée .
Néanmoins, l'avenir du socialisme est assuré, je l'espère du moins ^^ (sous des cieux socio-démocrates ^^) .
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Matthieu Perona

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 3 Juil - 1:14

Si cette classe est éclatée, c'est qu'elle fut désorientée. Par qui ? Par nous, en tenant sans cesse une idéologie et un programme politique qui ne correspondent plus à son intérêt, sans doute trop à droite. Une classe désorientée va se vendre à la première illusion, comme lors de cette présidentielle.

L'éducation populaire n'est pas seulement utile pour révéler la conscience de classe, elle est surtout nécessaire à la fédération et à la réadhésion de notre électorat traditionnel que nous avons perdu.
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François T

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 3 Juil - 10:52

Je ne crois pas que l'on puisse expliquer l'éclatement de cette classe ainsi . J'ai donné dans mon avant-dernier message, les causes qui me paraissaient plus vraisemblables (domination de l'idée de réussite individuelle, la diminution numérique des travailleurs ouvriers, l'éclatement qualitatif et quantitatif des activités où domine l'exploitation) . Mais j'admets que ces propositions puissent être incomplètes sinon erronées .
Je crois par contre que nous n'avons jamais été crédible auprès de ces classes en proposant de redistribuer les richesses sans penser le modèle de production .
Mais j'aimerais avant tout savoir en quoi consiste pour toi cette "éducation populaire" .
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julien guerin



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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 3 Juil - 14:58

Plusieurs remarques a propos de ce riche débat et que je trouve tout à fait intéressant.

Tout d’abord sur la classe ouvrière et sa soit disant disparition ! Quelle blague§ Moi personnellement je préfère le terme de salariat à celui de classe ouvrière. Dans la population active francaise les salariés représentent 90 %…si on retranche ceux qui ont des stocks options, des actions et autres invention du capitalisme pour faire croire au salarié qu’il partage le même sort que le patron, il faut compter avec environ 80% de salariés francais.

Je combat résolument et suis un adversaire déterminé de la fragmentation des aspirations du salariat jadis nommé classe ouvrière et porteuse d’un mission émancipatrice. 50% des salariés gagent moins de 1500 euros par mois ! Voilà la base sociale et sociologique naturelle de la gauche en France ! Les socialistes doivent en être les représentants fidèles car les salariés sont en fait la richesse de notre pays. On dit souvent que le coût du travail est trop cher en France mais la encore quelle erreur d’appréciation ! Ce n’est pas le travail qui est trop cher c’est le capital. ! Il prend trop !

Pour donner un exemple concret depuis 25 ans dans la part de la richesse produite les salaires sont passées de 70 à 60 %…c’est à dire que 10% de la richesse produite est passée des mains des salariés qui la produise par leur travail dans les poches des actionnaires qui demandent toujours plus ! Voilà les marges de manœuvre : reprendre au capital les 10 points qu’il a volé au travail ! Il y a de quoi combler le trou de la Sécu 10 fois, investir dans les services publics, augmenter les salaires, développer la recherche et l’éducation !

Quand j’entend aussi dire qu’il faut d’abord produire les richesses pour les redistribuer…je crois rêver…La France n’a jamais été aussi riche, les entreprises du CAC 40 ont gagné 100 milliards d’euros en 2006, 80 en 2005, 60 en 2004 et il n’y aurait rien a redistribué pour les salariés !!! A quoi sert d’être de gauche dans ce cas ! C’est le politique qui doit primer sur l’économie, les lois de la République sur celles du marché et des actionnaires !!!

Par ailleurs sur la social démocratie, le projet de DSKest quoi que l’on en dise proche du blairisme en ce qu’il veut que la gauche tourne le dos au mouvement social pour s’aligner sur une prétendue modernité…

Sur l’Allemagne ce que dit Thibault est inexact. En septembre 2005,après les élections législatives, le SPD, Les Verts et le parti de Gauche de Lafontaine étaient majoritaires…et c’est le SPD qui a fait le choix de gouverner avec la droite pour continuer a mettre en oeuvre une politique de démantèlement de l’Etat providence (retraire par répartition, Sécurité sociale, droit du travail protecteur et collectif…) entamé par Shcroeder depuis 98. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le SPD a détruit les outils de protection des salariés et de régulation du marché qu’il avait lui même mis en place durant les 30 glorieuses.

La scission du Spd et la création de ce nouveau parti est de l’entière responsabilité de la politique conduite par Schroeder. Le SPD a perdu des milliers de militants et de syndicalistes désabusés et trahis par ce qu’il croyaient être leur parti…La suppression des allocations chômage (dite loi Hartz IV) et l’allongement de l’age de la retraite à 67 ans ont provoqué » de puissants mouvements sociaux contre le SPD…à juste titre…Ce n’est absolument pas là mon modèle de socialisme…
FMDS ne transpose pas à la France le modèle allemand car nous ne sommes pas pour une scission du PS francais. Le débat y reste possible et son aile gauche puissante. Au contraire je milite moi pour un congrès de tours à l’ envers qui unifierait un grand parti des salariés (comme le PT brésilien) . La bourgeoisie et les actionnaires ont leur parti (l’UMP) les salariés doivent avoir le leur !Je suis pour unifier la gauche autour d’un projet vraiment de gauche et pas pour construire un parti à ses marges donc minoritaires par définition…

Je crois en une gauche sur de ses valeurs et de son projet, elle ne gagne que si elle propose e des mesures fortes pour le salariat : 39 h, 5èm semaine de congé payés en 81, 35 heures sans perte de salaire en 97, rien en 2002 ni en en 2007… à méditer…


Julien
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Matthieu Perona

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 3 Juil - 15:05

Très bien, je définis "l'éducation populaire" en ces termes :

L'éducation populaire devrait être l'un des objectifs principaux de tout parti politique de gauche. J'ai la conviction que sans un peuple éduqué, il n'y a pas de République sociale possible. Alors il faut se mettre au travail : formation, ouvrages à lire, textes officiels à décoder, films à voir, débats...

Cette exigence de formation doit s'appliquer en premier lieu aux militants, qui seront alors des relais auprès de la population pour pointer les dangers de la droite mais aussi véhiculer nos propositions.

L'éducation populaire est à la fois la formation de cadres politiques (c'est-à-dire la démocratisation de l'idée dans notre parti) et la conscientisation des masses.
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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 3 Juil - 20:30

Julien, tes arguments vont en fait dans mon sens, sans que tu t'en aperçoives : le fait, d'abord, que tu éprouves le besoin de changer le terme de "classe ouvrière" en "salariat" montre bien que cette première n'existe plus en tant que telle . Or le terme de "salariat" recouvre des réalités bien plus variées que celui de "classe ouvrière", tu me l'accorderas . Tous les salariés ne sont pas non plus des exploités : je prends l'exemple des managers dans les entreprises par exemple (ceux qui reçoivent des "golden parachutes" sont des salariés) . En assimilant "classe ouvrière" au "salariat", tu commets, à mon avis, une grande erreur . Dès lors, le salariat en tant que tel n'est pas la "base sociale et sociologique naturelle de la gauche en France " .
Autre argument : le fait que "la France n’a jamais été aussi riche", ce dont,en soi, on ne peut que se féliciter, mais qu'elle ne redistribue pas . Je suis bien d'accord avec toi, le retour de l'argent aux salariés et à l'investissement est très insatisfaisant . Mais ce que je reproche, c'est que tu acceptes le modèle libéral implicitement pour la production (puisque tu acceptes que la France est riche et que tu t'en félicites) mais tu le critiques aussitôt parce qu'il ne redistribue pas . C'est pourquoi je dis que cette ligne est tout à fait ambiguë, puisqu'elle correspond à s'opposer de façon frontale à un modèle que l'on accepte implicitement (puisque aucune véritable alternative est proposée au niveau de la production, nécessaire pourtant à toute redistribution). Nous prônons, au contraire, un modèle économique qui tient compte de la production elle-même .

Matthieu, je suis d'accord avec toi, l'éducation est absolument nécessaire . Mais quel est le but de l'éducation, sinon de développer le sens critique de chacun ? Pas d'inculquer une idéologie, même socialiste . C'est la condition nécessaire au maintien de la démocratie . L'éducation ne peut pas se transformer en propagande, au risque de tomber dans le totalitarisme . Mais je pense que ce n'est pas tout à fait ce que tu voulais dire; seulement c'était un peu ambigü . Tu parlais davantage du travail de militant . Il est tout à fait nécessaire mais à mon avis il ne permet pas la "conscientisation des masses" : la prise de conscience de l'exploitation existe de façon plus irrationnelle, c'est celle d'un sentiment vécu spontané, à mon avis . Convaincre les gens qu'ils sont exploités est voué à l'échec tant qu'ils ne le ressentent pas . D'où, tu comprends que le travail de militant vient de façon secondaire, après cette prise de conscience .
Ce travail sert néanmoins à de nombreuses autres choses : bien-sûr à créer des "relais", comme tu dis, des idées politiques entre autres. Je suis là-dessus, tout à fait d'accord avec toi .
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arvernix02



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MessageSujet: Les MJS du Puy-de-Dôme ou l'incarnation de l'extrême gauche   Mar 3 Juil - 23:28

Visiblement, les MJS du PDD veulent un PS encore pus à gauche et anticapitaliste, où l'éducation des masses signifie endoctrinement collectif (vive la Révolution culturelle, tuons donc ceux qui sont contre cette évolution!Smile ), et où laïcité rime avant tout avec haine des autres. Pas très joli joli tout ça. A quand l'ouverture de camps d'extermination pour les dangereux capitalistes et ceux qui les soutiennent ? Voulez-vous mener une campagne de purge le jour où vous reviendrez au pouvoir ?
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Amadis



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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mar 3 Juil - 23:50

J'ai lu le texte adopté par le PRS que tu as posté Mathieu et je trouve quand même gênant les très nombreuses références à Hugo Chavez qui n'est quand même pas tout blanc en témoigne l'interdiction de la dernière grande chaîne d'opposition en 2007 et ses récents accord avec le président Iranien Ahmadinejad qui n'est quand même pas un des plus grand apôtres de la démocratie !
Bref même s'il est vrai que l'on manque un peu d'exemples de gouvernements vraiment à gauche je ne pense pas qu'on puisse importer le modèle vénézuelien en France. Même si je souhaite souvent que le PS soit plus à gauche je pense que les solutions avancées par le PRS ne ferait qu'accentuer sa marginalisation ! Il convient de trouver un juste milieu entre le social-démocratie, il ne faudrait surtout pas que le PS se transforme en New Labour, et le socialisme à la PRS !
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Matthieu Perona

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mer 4 Juil - 11:39

Ne t'inquiète pas Arvernix02, pour l'endoctrinement des masses, pas besoin du MJS 63, il y a déjà TF1 qui s'en occupe.
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Matthieu Perona

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mer 4 Juil - 11:43

Amadis, il n'y a pas de socialisme à la PRS. Il y a un socialisme tout court. Il y a surtout l'exigence de l'union des gauches pour l'emporter à une élection.

Je suis déçu que tu te focalises sur Hugo Chavez. Je n'ai jamais dit que son modèle était transposable en France ; je dis simplement qu'il est bon de regarder ce qui se passe partout dans le monde, pas seulement chez les social-démocrates où l'État fout le camp. Normal que l'on préfère évoquer Chavez ou Morales en Amérique latine, car ce sont les gouvernements social-démocrates qui font tirer sur la foule là-bas !

Au PS, le juste milieu s'appelle François Hollande, ça a fait ses preuves... lol!

Tu t'es arrêté sur la question internationale et plus précisément sur le Venezuela, n'as-tu rien retenu d'autres du texte de PRS, La gauche d'après ?
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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mer 4 Juil - 11:53

Concernant RCTV, on en a déjà débattu sur ce forum ici : http://jeunesgauches63.jeun.fr/Les-chantiers-de-la-renovation-c2/Debat-general-f1/Medias-et-ideologie-dominante-t132-45.htm

Tu verras ce que chacun en pense. Je dois rétablir une vérité. Contrairement à ce que tu affirmes, ce n'est pas Chavez qui a interdit RCTV, c'est la justice. Et oui, dans un pays démocratique comme le Venezuela, ça se passe comme en France ; l'exécutif ne peut rien interdire du tout sans décision de justice. Et RCTV n'est "pas la dernière grande chaîne d'opposition", je te rassure, il reste aux Vénézuéliens encore plus de 95 % de "boîtes à cons" comme TF1.
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Pierre Cortese

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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mer 4 Juil - 20:52

Amadis : se serait bien de rappeller que la télé qu'a interdit Chavez à quand même appellée à marché sur le palais présidentielle pendant le coup d'état de 2002.
Image France 5 faire la même chose en France, la chaine serait interdite derechef et cela ne serait pas scandaleux.

François T : le coup des patrons salairiés fallait y penser. Comme en math, ce n'est pas pour une seule exeception qu'on remet en cause une regle. Combien ces gens représentent t'ils sur le total des salariés ? 1 pour 50 000 ? C'est à cause de ce genre d'arguments que l'on remet en causes les acquis sociaux ( ce que je ne t'accuse pas de faire). On entend dire qu'il existerait des millionnaires du rmi, des pauvres payant l'ISF et que c'est pour cela qu'il faudrait les remettrent tout les deux en question. Ce genre de démonstration est scandaleux, tout comme accoller le préfixe "social" à TVA.

arvernix2 : L'intelligence de tes arguments t'honore. Je ne vois pas l'interêt de vomir tes conneries sur ce forum. Apparement tu nous associe aux victimes de Mao et de Staline. Ok, faisons les comptes : combien la droite a t'elle fait de victimes dans l'histoire ? (liste non-exaustive)
- Au Moyen-Age : Tout les cerfs tués par leur suzerains plus tout les morts des croisades et guerres féodales. Et oui, la religion et l'ancien régime, c'est pas vraiment de gauche !
- Epoque moderne : tous les morts des guerres Napoléoniennes (avec les colonies, ça fait un paquet) par exemple
- Epoque contemporaine : les morts du fascisme et du nazisme (idéologies de droite indéniablement) ainsi que toutes les victimes du système capitaliste. Je ne prend en compte ici que les victimes directes (morts à la tache, suicide au travail). Certains irons plus loin en disant "que le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l'orage", mais ça nous obligerai à prendre en compte tout les morts des guerres coloniales et impérialistes
Bon, fin de la démonstration : je crois que le pire des stalinien à sur la conscience beaucoup moins de mort qu'un droitier de ton genre.

Ps : petit jeu-concours pour les vacances : j'offre un demi à la rentrée à celui qui me répondra de la façon la plus détaillée et la plus argumentée possible à la qustion : "De combien de morts est responsable la droite dans l'histoire de l'humanité ?" confused
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Gwénolé Jouannic



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MessageSujet: Re: Trois ruptures pour une refondation à gauche   Mer 4 Juil - 23:45

je réfléchis à une rénovation idéologique basée sur le socialisme actuel et les préoccupations des fançais et les exigences futurs. je mettrai en avant ces points :

le pouvoir d'achat. Il faut faire une remise à plat des bas salaires. Il faut donner à l'employer des objectifs de carrière. Le but de tout salarié ne doit pas être de toucher le smic pendant toute sa carrière mais de gagner plus que le smic. Il faut revoir les retraites, et les régimes spéciaux notament en tenant compte de la pénébilité du travail dans certaines proféssions qui ont évolué ces dernières années. il faut que toute personnes arrivant à l'age de la retraite puisse la toucher dans son intégralité. Dans le cas des femmes, il faut prendre davantage en compte le fait que certaines ont des enfants et ne travaillent pas pendant plusieurs année pour les élever. actuellement c'est pris en compte mais pas suffisament. Il faut revoir le pouvoir d'achat des étudiants. un étudiant qui bosse 1 mois, va touché 900 euros. une inscription en fac varie de 300 à 600 euros. il est donc impossible de subvenir soi-même à ses besoin. L'étudiant doit pouvoir être autonome financièrement.

la lutte contre le chomage : je serai pour la mise en place au sein des agences d'interim d'un pole de formation à l'embauche. c'est à dire qu'en attendant de trouver une mission, les agences d'intérim pourrai former les interimaire à certaines profession qui nécéssite un savoir-faire pouvant être acquit sans passer par des études. Ensuite, developpé les secteurs qui embauchent. l'environnement à crée 1 millions d'emploi sur 3 ans en Allemagne. Diminuer les taxes sur les entreprises qui embauchent en CDI.

À ces 2 points, il faut rajouter l'écologie et la mondialisation.

voilà 4 chantiers autour desquelles doit se refonder l'idéologie socialiste. c'est à nous de nous adapter à la situation actuelle car ce n'est pas elle se confortera à nos idéologies parfois plus adaptées à la France contemporaine.
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arvernix02



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MessageSujet: A Pierre Cortesse   Jeu 5 Juil - 11:59

Franchement, je ne vois absolument pas le rapport entre la droite et les cerfs du Moyen-Age. A l'époque, on parlait de féodalité, et les clivages politiques n'existaient pas encore. Ceux-ci sont apparus lors de la Révolution Française. Alors avant de rejetter la faute sur la droite républicaine, tu ferais mieux de te taire.

Tu nous dis que la droite a soutenu l'esclavagisme. Certes, mais une partie de la gauche le soutenait également. Sans compter que le contexte de l'époque n'était pas le même qu'aujourd'hui.

Tu nous dis que la droite a tué. C'est vrai. Mais tu confonds la droite républicaine d'aujourd'hui avec l'extrême-droite d'hier, particulièrement odieuse dans ses actes. C'est comme si je disais que les socialistes républicains d'aujourd'hui étaient à l'origine de 100 millions de morts à travers la planète durant le XXème siècle, alors que c'est l'extrême gauche qui en est responsable.

Tu nous dis que la droite a soutenu le colonialisme. C'est plus complexe. La droite au XIX ème siècle était peut-être colonialiste, mais la GAUCHE bien plus encore ! N'oublions pas que Jules Ferry en fut l'un des principaux instigateurs à la fin du XIX ème siècle, et que même Léon Blum soutenait la colonisation pour civiliser ces sauvageons d'africains (c'est ce que l'on pensait à l'époque !). Lorsqu'on ne sait pas on se tait.

Je te rapellerai que l'un des pires idéologues racistes était socialiste, et qu'il avait très probablement fortement influencé l'antisémistisme d' Hitler . Il militait à la SFIO. Il s'agit de Georges Vacher de Lapouge, anthropoloqgue et théoricien français de l'eugénisme, qui rejoint la SFIO en 1902. Alors, certes, la droite avait Gobinau, mais on peut dire qu'à l'époque, concernant l'idéologie de l'inégalité des races, la droite et la gauche se valaient. Dieu merci, depuis, elles ont renoncé à ces atrocités. Quant aux guerres Napoléonniennes, on peut dire que la gauche en était responsable, puisque la droite à l'époque se résumait aux monarchistes, mais cet argument est complètement crétin dans le contexte d'aujourd'hui, puisque la gauche et la droite républicaine descendent plus ou moins directement du bonapartisme !

Mais s i j'avais le même raisonnement que toi, je pourrais te dire dès lors que la gauche fut la seule et unique responsable des centaines de milliers d'innocents victimes de la Révolution entre 1789 et 1800. Ca ne tient donc pas debout !

N.B : Qui peux me fournir la liste exhaustive des victimes de la gauche ? Smile
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