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 Légalisation du cannabis?

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Le Parti Socialiste doit'il défendre la légalisation du cannabis?
Oui
44%
 44% [ 8 ]
Non
50%
 50% [ 9 ]
Ne se prononce pas
6%
 6% [ 1 ]
Total des votes : 18
 

AuteurMessage
Thibaut Meunier

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Nombre de messages : 667
Localisation : La Moutade
Date d'inscription : 08/03/2006

MessageSujet: Légalisation du cannabis?   Lun 24 Avr - 16:25

Afin de nourrir la reflexion sur cette question (le sondage c'est plus de la fantaisie), je vous laisse un article que j'avais écris il y a quelques temps...

A l’apologie du cannabis entonnée par Matmatah, les puissances publiques répondaient par l’expression de « fléau à combattre ». Si, depuis, d’autres artistes se sont engagés dans la même voie, la législation et les discours publics n’ont pas changé depuis la loi du 31 décembre 1970 relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie et à la répression du trafic et de l’usage de stupéfiants. Et ce, alors même qu’en 2004 un jeune sur deux avait déjà consommé du cannabis.

I- D’une législation incohérente, dangereuse et contreproductive…

Or cette loi est dangereuse tout autant qu’elle est incohérente. Incohérente, car si elle prétend donner un caractère sanitaire au traitement de la toxicomanie, elle ne met en place qu’un traitement répressif. Incohérente encore, car elle met sur un pied d’égalité le simple consommateur et le trafiquant. Dangereuse, car elle amalgame les différents produits en les diabolisant sans nuance, rendant ainsi caduque toute information objective et crédible, information nécessaire à une prévention efficace. Dangereuse aussi, car elle conduit à considérer le toxicomane comme un délinquant plutôt que comme un malade.


Dangereuse, enfin, en ce qu’elle instaure un réel droit d’exception de la drogue, avec des peines aggravées et des cours d’assises sans jurés, droit que la nécessaire répression du trafic ne saurait, seule, justifier au regard des atteintes aux libertés individuelles qu’il constitue.

Malgré cela, cette loi n’a jamais fait l’objet d’un réel bilan. Combien de temps faudra t-il avant de comprendre que la prohibition ne protège ni la société, ni l’usager mais qu’elle encourage le trafic et l’enrichissement des mafias ainsi que la circulation clandestine de produits chers et frelatés ? Combien de personnes, marginalisées par la prohibition, seront atteintes par différentes infections lors de pratiques à risques car confrontées à la répression, et n’oseront pas demander de l’aide?


Mais parce qu’elle évoque les figures de la marginalité et de l’interdit « moral », parce qu’elle fait peur autant qu’elle fascine, la question des drogues a longtemps suscité les discours manichéens et les solutions toutes faites, dont l’article L 630 du code de la santé publique est le socle commun.


En effet, cet article issu de la loi du 31 décembre 1970 interdit « toute présentation sous un jour favorable de stupéfiant » excluant de fait tout débat objectif à l’Assemblée Nationale. Ainsi cet article en particulier et la loi dont il est issu sont liberticides car ils rendent passibles de peines d’amende et d’emprisonnement toute réflexion critique globale sur les drogues, inhibant ainsi la pluralité des opinions et l’accès à l’information. Cette loi constitue une entrave à la liberté d’expression, aux droits de l’homme et à la démocratie car, sur son fondement, des militants, des éditeurs, des usagers sont poursuivis et condamnés pour avoir contredit le discours officiel.


C’est de l’obstacle légal posé par l’article L 630 du code de la santé publique que résulte la passivité des pouvoirs publics à l’égard de la question des drogues. Il nous ncombe à nous, jeunes de gauche, de trouver les solutions pour sortir de cet immobilisme, reste à décider des actions à mener.


Dans cette optique, la politique « d’approche globale » des drogues mise en place par la MILDT[1] perd toute cohérence. Comment justifier la répression pénale de la consommation de cannabis, substance considérée de l’avis commun comme moins nocive que l’alcool ou le tabac, si ce n’est par la présence du cannabis au tableau des stupéfiants ? En tant que socialistes, nous préférons la réduction des dommages physiques ou sociaux liés à la consommation de drogues et la lutte contre le trafic, à l’inacceptable sanction systématique de l’usager de drogues dans un cadre privé.


Le traitement sur un plan unique de toutes les substances psycho-actives, conduit inéluctablement à l’amalgame de toutes ces substances alors que la réalité des toxicomanies est diverse et appelle donc des réponses différenciées. De plus, une prévention efficace ne peut passer que par un accès légal à ces substances selon des modalités tout aussi différenciées. Comment être crédible vis-à-vis des jeunes quand on soutient que le cannabis a les mêmes effets que l’héroïne ?


La loi du 31 décembre 1970 pose un autre problème relatif aux libertés publiques. En effet, elle dispose que « tout usage de drogue illicite est un délit punissable d’un an de prison » quelles que soient les conditions de consommation. La fonction de la sanction pénale est de réprimander l’individu ayant un comportement dangereux pour la société. Or la consommation de drogue par un individu en privé n’est nullement nuisible pour la société en dehors de l’usager lui-même. Quelle est alors la légitimité du corps social pour criminaliser des comportements qui intéressent avant tout chaque individu ? De surcroît, la loi pénale ne peut en aucun cas être le moyen approprié pour inciter à protéger sa santé, c’est la conscience personnelle face à la société qui doit primer.


II- … à une politique volontariste conforme à la réalité.


Nous souhaitons que l’Etat intervienne en menant une politique active de santé publique, en développant une politique de prévention par des campagnes d’informations objectives, en réprimant l’incitation à la consommation notamment en direction des mineurs, en luttant contre le trafic.

En effet, la prohibition a montré ses limites, la loi du 31 décembre 1970 n’ayant pas empêché une détérioration de la santé publique dans le domaine de la toxicomanie. La législation, une des plus répressives d’Europe, n’a pas eu les effets dissuasifs escomptés et la situation n’a fait que s’aggraver. L’inefficacité de la législation nous amène à demander la révision en plusieurs points de la loi du 31 décembre 1970 afin de mieux prendre en compte la réalité.

Le respect des libertés individuelles implique que l’usage des drogues par des citoyens adultes et bien informés soit toléré, dans la mesure où il n’est pas nuisible aux autres et même si l’individu semble se nuire à lui-même. Lever l’interdiction pénale de l’usage de certains stupéfiants dans un cadre privé constitue une priorité dans la mesure où cela mettrait fin à la marginalisation et inciterait les toxicomanes à se présenter librement et spontanément dans un service de soins.

La vente de cannabis, drogue considérée comme moins nocive que certaines drogues légales, pourrait être réglementée sous le contrôle de l’Etat, ce qui aurait le mérite de « couper l’herbe » sous le pied aux trafiquants et de mettre en place un contrôle de la composition du produit vendu. Car c’est le trafic de produits frelatés qui conduit à la détérioration de la santé publique dans ce cas précis.

Nous nous positionnons donc pour la dépénalisation de la consommation de drogues douces dans un cadre privé ainsi que pour le retrait du cannabis du tableau des stupéfiants. Cependant ces mesures sont conditionnées à l’ouverture d’un véritable débat à l’Assemblée nationale.


C’est pourquoi nous exigeons l’abrogation de l’article L 630 du code de la santé publique afin que s’ouvre ce débat sur l’accès légal, suivant des modalités différenciées, aux produits actuellement classés au tableau des stupéfiants. Ce débat est un impératif afin de sortir du clivage stérile diabolisation/banalisation.
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arnaud.g



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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Lun 24 Avr - 16:33

je suis pour la dépenalisation de la consommation et du trafic de cannabis. Mais je ne veux en aucun cas que l'Etat rentre dans ce domaine avant la baisse du chomage car beaucoup de gens vivent sur le "deal".
De plus, ce projet est encore tabou dans notre société, je pense que de nombeux parents socialistes vont être choqués de cette proposition.
En gros, attendons que notre génération soit au pouvoir camarades!!!!!
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Ju

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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Lun 24 Avr - 18:55

Je suis pour la dépénalisation du canabis mais contre sa légalisation, j'estime que le message qui serai délivré à la jeunesse serai mauvais.Les mineurs pourraient par exemple s'en procurer plus facillement. Le cannabis est certe moins nocif que l'ensemble des autres drogues, il n'en reste pas moins un produit dangeureux pour la santé qui peut avoir de grave conséquences.
Cependant nous devons sortir du modèle répressif, qui es contre productif et injuste, il faut plutot accentuer la prévention et résposabiliser la jeunesse sans la stigmatiser. Que ceux qui veulent consommer consomme librement sans enfumer les autres (ce qui rejoint le débat sur l'interdiction de fumer dans les lieux publiques).
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fredo63



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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Lun 29 Mai - 18:12

Je ne comprends pas comment on peut demander la légalisation des drogues dites "douces" alors qu'au même moment on essaye d'interdire l'usage du tabac dans les lieux publics et que les dernières études scientifiques démontreraient une toxicité supérieure à celle du tabac desdits produits... Ne serait-ce pas marcher sur la tête en voulant les légaliser ?
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Mar 30 Mai - 13:21

Fredo, moi ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu opposes la volonté d'interdire la consommation de tabac dans les lieux publics et la légalisation du cannabis ainsi que la dépénalisation de l'usage de drogues.
En effet ces deux axes ne sont absolument pas antinomiques mais bel et bien complémentaires dans le cadre d'une véritable politique de santé publique.
Ainsi l'enjeu d'une législation comme je la revendique sur les drogues n'est pas d'en favoriser la consommation mais d'inhiber en exerçant un contrôle sur les produits les risques sanitaires et sociaux engendrés par une telle consommation.

Pour revenir sur le seul cannabis, et sur la question de l'appui d'une argumentation sur des études scientifiques j'appelle à la plus grande prudence tant qu'on ne connaît pas les modalités de ces dernières. Il n'en demeure pas moins qu'on ne peut étayer son raisonnement sur la question des drogues dans le cadre d'une politique sanitaire et sociale que sur un comparatif de toxicité entre le tabac et le cannabis (car la toxicité du cannabis relève davantage des produits frelatés que par la substance en elle même), mais seulement sur la conciliation de l'exercice d'une liberté individuelle avec l'intérêt général.
Je m'étonne d'ailleurs sur ce sujet que les habituels chantres de l'intérêt individuel au détriment de celui de la collectivité invoquent la protection de l'intérêt général (la santé publique) afin de condamner ce qui pour eux est contraire à l'ordre moral. Ce serait davantage ceux qui adoptent cette attitude que je soupçonnerais de marcher sur la tête.
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fredo63



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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Lun 5 Juin - 17:16

Tiens, voici la liste des effets du cannabis (source : ministère de l'Intérieur : http://www.interieur.gouv.fr/rubriques/b/b10_drogue/cannabis ). Bonne lecture.

Le cannabis

Le cannabis ou chanvre indien est l’une des plantes de culture et d’usage les plus anciennement connues. Originaire d’Asie Centrale, sa culture s’est répandue dans toutes les zones tropicales ou tempérées. C’est le stupéfiant le plus consommé dans le monde et il est connu sous plus de 350 noms différents (marijuana, haschich, shit, ganja, kif, beuh, etc.).

Les effets sur le psychisme sont essentiellement provoqués par le principe actif du cannabis, le « delta 9 tétrahydrocannabinol » ou THC, qui se fixe sur les graisses et le cerveau et est éliminé par l’organisme en huit jours ou plus.

Les aspects du cannabis
Les effets du cannabis
Les dangers du cannabis
Le cannabis à usage thérapeutique

Les aspects du cannabis

L’herbe ou marijuana : il s’agit des tiges fleuries qui sont récoltées séchées et broyées. Elles contiennent en général 5 % de THC mais on trouve maintenant sur le marché, en provenance des Pays-Bas ou du Maroc, une herbe fortement dosée en principe nocif pouvant titrer au-delà de 15 % de THC.

La résine, couramment appelée haschich ou shit, elle est obtenue à partir des sécrétions résineuses de la plante, agglomérées à différents liants, puis compressées sous forme de plaquettes brunâtres, compactes ou friables.

Le taux de THC était autrefois de 7 à 8 %. Mais il est en augmentation constante depuis plusieurs années pour atteindre aujourd’hui jusqu’à 30 %. Ainsi, les sélections et les croisements ont permis la culture en intérieur et en extérieur dans des régions tempérées d’un cannabis de ce type beaucoup plus nocif pour ceux qui le consomment et risquant d’entraîner des comportements plus dangereux et une dépendance plus rapide. Il s’agit de variétés hybrides, comme le «skunk » (du mot anglais «putois » en raison de sa forte odeur). Certains producteurs ont annoncé tenter la culture d’un cannabis génétiquement modifié. Cette situation conduit à s’interroger sur l’appellation de drogue « douce » parfois donnée au cannabis.

Le pollen, poudre recueillie des plants femelles de cannabis, agglutinée puis pressée, s’apparente à la résine.

L’huile, obtenue par distillation du cannabis, se présente sous la forme d’une substance visqueuse noire et très épaisse, avec des reflets verdâtres. L’huile a une teneur très élevée en THC (jusqu’à 60 %). Sa consommation reste rare.

Quelle que soit sa teneur en THC, le cannabis, sous toutes ses formes -y compris les graines- reste classé stupéfiant. Toutefois, la culture de certaines variétés de cannabis dont le taux de THC ne doit pas dépasser0,3 % peut être autorisée exclusivement pour des utilisations industrielles strictement réglementées (textile, isolants etc).
Le cannabis, sous toutes ses formes, peut être ingéré mais il est essentiellement fumé, pur ou mélangé à du tabac («joints », «pétards »). Il est fréquemment consommé en association avec l’alcool ce qui augmente les effets et les risques.

Les effets du cannabis habituellement recherchés

Les utilisateurs sont souvent à la recherche d’un effet «planant » et d’une forme d’évasion et de déconnexion momentanée des réalités. Ces effets peuvent être rapprochés de l’ivresse alcoolique. On parle alors d’ivresse cannabique : excitation, euphorie suivie d’une phase de relaxation.

Les dangers du cannabis

Selon la répétition des usages, la quantité et la qualité de cannabis (présence d’un taux plus ou moins élevé de THC) et l’individu (âge, santé physique ou psychique), une consommation de cannabis peut engendrer des effets indésirables ou nocifs :
- troubles de la coordination, de la vigilance et de la vision (d’où un réel danger à prendre la route ou à travailler sur des machines, etc.). Le cannabis est à l’origine de plus de 10 % des accidents de la route mortels ou graves soit environ un millier de morts et 5 000 blessés chaque année en France.
- affections broncho-pulmonaires et risque de cancer des voies respiratoires (la fumée de cannabis contient des éléments toxiques et cancérigènes 4 à 5 fois supérieurs à ceux du tabac et qui s’ajoutent aux composants nocifs de celui-ci. Elle est, de plus, inhalée profondément ce qui accroît les risques pour l’appareil pulmonaire)
- altération de la mémoire et perte d’attention et de concentration ainsi que démotivation pouvant conduire, lorsqu’il y a consommation répétée, à l’échec scolaire, à la marginalisation et à l’exclusion ;
- forte anxiété et crise de panique (« bad trip », notamment, après consommation de produit fortement dosé en THC)
- apparition d’épisodes dépressifs aigus ou de schizophrénie chez certaines personnes prédisposées ;
- ceux qui consomment habituellement peuvent devenir réellement dépendants du cannabis.

La forte augmentation des demandes de soins en milieu hospitalier pour usage de cannabis démontre bien cette réalité. On peut estimer qu’environ 10 % des consommateurs actuels sont au stade de la dépendance.

Le cannabis à usage thérapeutique

De nombreuses substances classées stupéfiants ont un usage médical et entrent dans la composition de certains médicaments : la morphine fabriquée à partir du pavot à opium dans le traitement de la douleur, la cocaïne préconisée dans le passé comme anesthésiant, etc.

Utilisé depuis l’Antiquité, le cannabis était présent dans de nombreuses préparations pharmaceutiques jusque dans les années 1930. Toutefois, les progrès des médicaments ont conduits à son retrait progressif et ses effets thérapeutiques sont apparus trop faibles au regard des effets secondaires indésirables sur le système nerveux central.

Aujourd’hui, certains pays admettent son utilisation thérapeutique, le plus souvent sous forme de médicament, en complément d’un traitement médical classique, pour ses propriétés anti-douleurs au bénéfice de certains patients qui ne supportent pas les prescriptions habituelles (par exemple anti-vomitifs dans les traitements des cancers et du VIH, glaucome, etc.)
Des évaluations sont en cours sur ce point en Europe.

L’usage thérapeutique du cannabis, comme celui des autres stupéfiants, ne peut être pratiqué que sous un strict contrôle médical. On ne peut donc pas, parce qu’un produit est prescrit à certains malades graves, en déduire qu’il n’est pas nocif pour les personnes en bonne santé.


Résine de cannabis

Feuilles de cannabis

Huile de cannabis

Herbe de cannabis
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Dim 18 Juin - 19:16

Le texte de l'appel du 18 joint 1976, publié dans libération

"Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple "joint" de cannabis (sous ses différentes formes: marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.
Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en Grande-Bretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n'engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites "dures", telles que l'héroïne, mais aussi au tabac ou à l'alcool, et n'a aucun effet nocif comparable ("Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs", a écrit aux Etats-Unis le directeur de l'Institut national contre l'abus des drogues). Le contenu de ces documents n'a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d'intoxication fondées sur des mensonges ineptes.
Dans de nombreux pays déjà : Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada... la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie. En France, on continue d'entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers. Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde: depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n'importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue. Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers. Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l'héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.
Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd'hui en France, dans les journaux, les lycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait. C'est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l'intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l'arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes. Nous demandons que soient prises les mesures suivantes:
- Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.
- Ouverture de centres d'information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique: alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.
Nous n'avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s'en emparent, c'est une question de société. Ce texte n'est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde."


TRENTE ANS PLUS TARD… ET TOUJOURS EN PETARD (suivi de l'appel original de 1976)

Il y a trente ans, quelques agitateurs bien attentionnés lançaient par l'intermédiaire de Libération " l'Appel du 18 joint ".
Cet Appel qui demandait " la dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantité de consommation courante ", a été signé par une future star de la politique, Bernard Kouchner, mais aussi par le futur président de la Ligue des droits de l'homme Henry Leclerc…Et par des intellectuels et des artistes : Gilles Deleuze, Philippe Sollers, Bernadette Laffont, Bertrand Tavernier, Isabelle Huppert, Philippe Druillet…

En 1993, après avoir relu l'Appel de 1976 et constaté qu'il était toujours d'actualité, le CIRC décidait de le relancer à sa manière lors de la " Première journée international d'information sur le cannabis ", qu'il organisait conjointement avec les éditions du Lézard.
Depuis, tous les ans, le 18 juin à 18 heures, le CIRC Paris invite les amateurs de petite fumette à se réunir sur les pelouses du parc de La Villette pour partager des idées, des pétards et demander l'abrogation de la loi de 1970. À l'initiative des CIRC en région, d'autres rassemblements ont lieu dans toute la France.
Au nom du fumeux L.630 (il s'appelle aujourd'hui L 34 21-4) qui interdit " la présentation sous un jour favorable ", les rassemblements organisés par les CIRC, ont souvent été interdits, une interdiction bravée par les militants qui furent régulièrement condamnés à des amendes.

En 2006, année du cannabis, nous fêterons les trente ans de l'Appel du 18 joint, le moment de dresser le bilan de trente ans de prohibition.
Associations, mouvements, individus, nous sommes tous concernés par la politique des drogues. Or, après une éclaircie en 1999 avec la publication de l'opuscule " Savoir plus - Risquer moins ", la droite, à peine arrivée au pouvoir, a sapé tout le travail accompli par la Mildt en laissant aux sénateurs le loisir d'écrire un rapport dont rien que le titre : " Drogue, l'autre cancer ", annonce la couleur.
Nicolas Sarkozy remet régulièrement sur le tapis son projet de réforme de la loi de 1970 qui prévoit des amendes de cinquième catégorie (1500 euros) à tout usager pris le pétard à la main, et des peines complémentaires, saisie du scooter ou du portable, pour les récidivistes.
Alors que la prohibition du cannabis est un échec patent, que les consommateurs se comptent par millions et que pour la plupart ils ont un usage récréatif, la réforme proposée par le ministre de l'intérieur - la " tolérance zéro " pour le cannabis - est tout aussi inadaptée et sera tout aussi inapplicable que la loi de 1970.

Dans le cadre de ce trentième anniversaire de " l'Appel du 18 joint ", alors que se profileront à l'horizon les élections présidentielles, que la politique de la droite envers le cannabis, mais aussi envers nombre de " sujets de société ", est intolérable, le CIRC vous invite à participer ou à soutenir " les états généraux du cannabis ", une série d'évènements festifs, culturels, politiques… qu'il compte organiser lors de la semaine précédant le dimanche 18 juin.
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fredo63



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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Dim 18 Juin - 19:37

Ouai, alors admettons qu'on légalise l'usage du cannabis. Qui sera habilité à le revendre ? Serait-ce l'Etat qui aurait le monopôle de la vente comme c'est aujourd'hui le cas avec celle du tabac ? Quant aux dealers ( qui deviendraient de facto des contrebandiers en cas de légalisation et de contrôle de la vente par l'Etat), doivent-ils être réprimés ? Faut-il envisager une taxe sur la vente de cannabis afin d'alimenter les caisses de la Sécurité Sociale pour palier au risque sanitaire inhérent à l'usage de cette drogue (car si risque il y a, les dépenses de santé augmenteront nécessairement) ? Bref, une légalisation, qui, de toute évidence, ne doit pas être prise à la légère, car ceci nécessitera un encadrement strict de la revente de cette substance, mais aussi une réfléxion de fond.
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harmonie63

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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Mar 23 Jan - 18:56

Moi je pense simplement comme le tabac, qu'on laisse les adultes responsable fumer tranquillement.
Seule la santé des fumeurs est en jeu...
D'interdire les jeunes et ne pas informer ou désinformer n'est pas une solution...
Penser quand vous étiez jeune on vous disait ne fais pas ça....Vous faisiez quoi???
Moi l'inverse de se qu'on me disait.

Maintenant adulte, je sais ce que je fais, de fumer m'empêche pas de vivre ma vie professionnelle et personnelle.
Et ce qui m'embête le plus et de savoir que je suis toujours sur le fil tendu...

Adulte et responsable je suis pour la légalisation ce qui permettrai la diminution du marché paralléle, et une vrai connaissance des produits que l'on fume.
Y en a marre de la paraffine!

Je suis pour une vraie information des drogues pour les jeunes...comme pour les plus agées...Quels soit douces ou dures.
Pensez aussi qu'il y a d'autres drogues non référencés comme tel...: le café est la drogue qui touche le plus grand nombre de Français, ensuite le Thé puis le Chocolat...Sans oublier le sucre que les industriels inserrent dans tous les aliments (saucisson, pâté,....) Regarder les étiquettes!!!

Enfin pour revenir au Cannabis
J'ai créer un sondage sur le forum de discussion générale...Alors postez votre point de vue.

Harmonie flower
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Hervé
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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Mar 23 Jan - 20:54

Le cannabis ne doit pas seulement être dépénalisé il doit être pur et simplement légalisé. Vous parliez plus haut des dealers. Mais la légalisation va aller à l'encontre de ce qu'ils souhaitent. Je ne pense pas comme toi Arnaud, mettre en relation le chomage et le deal est plus que limite. Je me félicite de la fin du marché parallèle. Le problème n'est pas de laisser le deal dans les quartiers. C'est le chomage. C'est par une politique de grande ampleur, un investissement massif dans ces "quartiers", que le chomage baissera.
De plus ce marché parallèle doit être anéanti. D'une part la qualité est souvent douteuse et d'autre part ce marché est d'origine mafieuse. Ne pas financer les organisations criminelles doit être une priorité et cela passe par la légalisation du cannabis.
Combien de kilos de canna sont fumés chaque jours en France, assurément des dizaines. Voila le résultat d'une politique prohibissioniste menée depuis plus de trente ans.
Un adulte est responsable de sa vie. S'il veut se détruire il a le droit de se saouler tous les jours ou de se suicider. Aura t-on le droit un jour, en tant que majeur, de fumer des pétards sans avoir la peur du flic? Fumer un join le soir en s'abrutissant devant la télé est-ce plus dangereux que n'importe quel comportement beaucoup plus adictifs comme les antidépresseurs, le sucre, le tabac ou même la travail.
Et oui camarade, le travail peut être une drogue, comme le canna, mais les conséquences de celui-ci sont plus graves. Combien d'individus meurent tous les ans en France pendant leur temps de travail ?
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Thibaut Meunier

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Localisation : La Moutade
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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   Dim 28 Jan - 18:43

Hervé a écrit:

Et oui camarade, le travail peut être une drogue, comme le canna, mais les conséquences de celui-ci sont plus graves. Combien d'individus meurent tous les ans en France pendant leur temps de travail ?

Tu vas surement un peu loin, tout de même.
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MessageSujet: Re: Légalisation du cannabis?   

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Légalisation du cannabis?
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