Forum de la jeune gauche 63

Forum de la jeune gauche 63
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 François MITTERRAND

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Thibaut Meunier

avatar

Nombre de messages : 667
Localisation : La Moutade
Date d'inscription : 08/03/2006

MessageSujet: François MITTERRAND   Mer 1 Aoû - 20:20

François Mitterrand est né en 1916 à Jarnac en Charente dans la moyenne bourgeoisie catholique. C’est le cinquième d’une famille de huit enfants. Son père, ancien cadre des chemins de fer est devenu industriel vinaigrier. Politiquement, le jeune François Mitterrand est un républicain conservateur. Il découvre très jeune Barrès et Chateaubriand. En 1934, il "monte" à Paris pour y faire des études de droit et suivre les cours de l’École libre des sciences politiques.

Pendant le Front populaire, il écrit dans L’Écho de Paris, journal proche du colonel de La Rocque, figure de la droite nationaliste antiparlementaire modérée.

C’est au sein du 23e régiment d’infanterie coloniale qu’il sert quand éclate la Seconde Guerre mondiale. Il s’y lie d’amitié avec Georges Dayan. Le 14 juin 1940, durant l’offensive allemande, près de Verdun, il reçoit un éclat d’obus et est fait prisonnier par les Allemands à Lunéville. Au cours de sa captivité, il fait la connaissance de Jean Védrine et de Patrice Pelat. Après deux tentatives malheureuses, Mitterrand parvient à s’échapper et rejoint Vichy. En mai 1942, il intègre le Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre où il crée un réseau d’aide aux évadés. À l’arrivée des hommes de Laval, Mitterrand démissionne et s’engage, après de longues hésitations, dans la Résistance, sous le pseudonyme de Morland. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter la francisque, décoration vichyste, en 1943.

Mitterrand a-t-il cru un moment qu’il pouvait mieux servir la France à Vichy ?

Quoiqu’il en soit, il construit un réseau de Résistance avec d’anciens prisonniers, en marge des communistes et des gaullistes. Pour renforcer sa légitimité, Mitterrand se rend à Alger, rencontrer le général De Gaulle. A la Libération, à la tête du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD), Mitterrand entame sa vie publique. Sa carrière commence en novembre 1946, quand il devient député de la Nièvre sur le conseil du radical Henri Queuille et sur un programme de centre droit. Élu maire de Château-Chinon, il s’enracine dans le Morvan.

François Mitterrand est ministre des Anciens combattants et victimes de guerre dans le gouvernement Ramadier en 1947. Il participera à onze gouvernements. Son premier poste important, c’est en 1950, celui de la France d’outre-mer, ce qui lui permet de découvrir l’Afrique et de tisser des liens étroits avec les futurs chefs d’états de l’Afrique décolonisée. A ce moment, il a des idées particulièrement progressistes pour son époque sur l’émancipation des colonies.
Ministre de l’Intérieur dans le cabinet Mendès-France, Mitterrand entame une relation avec un homme qui le fascine et avec qui il partagera le rôle d’alternative à De Gaulle. Pour le moment, Mitterrand fait face à la crise algérienne qui commence en novembre 1954. Pour lui, "l’Algérie c’est la France".

Après la victoire du Front républicain en 1956, Mitterrand soutient Guy Mollet contre Mendès-France. Ministre de la Justice dans ce nouveau gouvernement, il couvre de son autorité la répression en Algérie, et il doit accepter, en mars de placer la justice sous l’autorité de l’armée, dans les trois départements algériens. Contrairement à Mendès-France ou Alain Savary, qui démissionnent du gouvernement, François Mitterrand cautionne jusqu’au bout la politique de Guy Mollet, y compris dans l’affaire du détournement de l’avion dans lequel se trouve le dirigeant nationaliste Ben Bella.

L’avènement de la Ve République, bien accueilli un cours instant par le député de la Nièvre, fait de Mitterrand un véritable opposant quand il voit que la prise du pouvoir par De Gaulle, telle qu’est est orchestré par des hommes comme Michel Debré, ressemble trop à un coup d’état qu’il n’aura de cesse de dénoncer. Dès lors, Mitterrand devient un adversaire résolu du nouveau régime et entame son évolution vers la gauche. Il perd son siège de député en 1958 avant d’entrer au Sénat.

La réforme constitutionnelle de 1962, instaure l’élection du président de la République au suffrage universel. Il s’emploie à s’imposer comme le chef de l’opposition et à rassembler la gauche autour de lui pour l’élection de 1965. Après le retrait de Gaston Defferre, Mitterrand, le "candidat jeune pour une France moderne", met en ballottage le général De Gaulle contre toute attente et rassemble 10 millions de voix sur son nom.
Ce succès fait de Mitterrand un leader incontournable à gauche, face à Guy Mollet dont la SFIO trop compromise dans les errements de la IV° république, a été affaiblie par la guerre d’Algérie. Une deuxième gauche apparaît regroupant une nouvelle génération dans le Parti Socialiste Unifié à partir de 1960. Mais cette nouvelle élite intellectuelle rejette François Mitterrand en qui elle ne voit pas un homme de gauche et à qui elle reproche son passé vichyste.

Mitterrand fonde la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) le 10 septembre 1965 après avoir créé la CIR avec quelques amis (Joxe, Estier, Mermaz, Dumas). Il décide de partir à la conquête du Parti socialiste. La crise dans la SFIO, culmine en 1969 avec la fondation du Nouveau Parti Socialiste. Au congrès suivant, qui se tient en juin 1971 à Epinay-sur-Seine, Mitterrand devient chef d’un mouvement politique dont il n’était même pas adhérent la veille. Porté à sa tête par un puissant courant de rénovation, il s’appuie sur l’aile droite de l’ancienne SFIO et sur la gauche marxiste du parti, autour du Centre d’Etudes et de Recherches Socialistes (CERES) animé par Jean-Pierre Chevènement. En effet, pour reconquérir le pouvoir, il faut rassembler la gauche dans une union dans laquelle le Parti Socialiste doit supplanter le PCF. Pour cela, le Parti Socialiste doit résolument s’ancrer à gauche. On entend ainsi Mitterrand déclarer : "violente ou pacifique, la révolution c’est d’abord une rupture ; celui qui accepte la rupture avec l’ordre établi, avec le capitalisme, celui-là peut être membre du Parti socialiste".

Le 27 juin 1972, les socialistes concluent le Programme commun de gouvernement avec les communistes et les radicaux de gauche. La mort de Pompidou en 1974 provoque de nouvelles élections. Candidat de toute la gauche, Mitterrand échoue de peu face à Giscard d’Estaing.

Mais aux municipales de 1977, le PS dépasse le PC (qui rompt les accords du Progamme commun), il échoue de peu aux législatives de 1978 et en 1981, le 10 mai, François Mitterrand est élu président de République.

Mitterrand rend hommage à Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher, il n’oublie pas Mendès-France, malade, sans qui "rien de tout cela n’eût été possible ". Avec la majorité absolue au Parlement et Pierre Mauroy, Premier ministre d’un gouvernement comptant quatre communistes, Mitterrand engage la France dans une politique de relance économique et de mesures sociales, avec notamment la hausse du SMIC, l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans, l’octroi d’une cinquième semaine de congés payés et la baisse de la durée du travail à 39 heures.

Le gouvernement nationalise plusieurs grands groupes industriels et abolit la peine de mort. Les grandes lois de décentralisation donne un nouveau souffle à la démocratie locale. Enfin, la presse est libéralisée et les radios libres voient le jour.

Mitterrand s’attache à relancer le dialogue Nord-Sud. La crise économique touche durement le pays et les choix du gouvernement conduisent bientôt à des déséquilibres qui obligent le gouvernement, dès juin 1982 à bloquer les prix et les salaires.

C’est le début d’une politique d’austérité, sur fond d’augmentation du chômage. Mitterrand échoue dans sa réforme de l’enseignement privé en 1984, et il se heurte au mécontentement des ouvriers et des syndicats contre les restructurations industrielles. La modernisation du socialisme (réhabilitation de l’entreprise) constitue une rupture de plus avec le grand rêve de 1981. Le gouvernement reste de gauche, mais la realpolitik semble l’emporter de plus en plus sur l’idée que se fait "le peuple de gauche" du socialisme.

La politique culturelle permet la démocratisation (Fête de la Musique et Fête du cinéma) et donne l’occasion au Président de lancer de grands travaux : Grand Louvre avec la Pyramide, Opéra Bastille, Bercy, Grande bibliothèque ou la Grande Arche de la Défense...

Laurent Fabius succède à Mauroy, mais cette tentative de rajeunissement n’empêche pas la défaite de la gauche aux élections législatives de 1986, et Mitterrand doit accepter la cohabitation avec la nouvelle majorité. Mitterrand appelle Jacques Chirac à Matignon. Dès l’hiver, la grogne contre le projet Devaquet et la mort de Malik Oussekine, contribuent à liguer une bonne partie de l’opinion contre le gouvernement, d’autant plus que la brutalité avec laquelle le dossier néo-calédonien est traité choque. Mitterrand apparaît alors comme le symbole d’une France unie, que son action depuis 1981 a transformé.

Ainsi, la "génération Mitterrand" gagne haut la main l’élection présidentielle en 1988. Mitterrand se place au-delà de la gauche et envisage une ouverture au centre en appelant Michel Rocard au gouvernement. Rocardrègle la question calédonienne dès 1988. Le second septennat est moins audacieux, mais il continue d’être résolument européen.

Depuis 1982, le couple franco-allemand est devenu une vrai histoire d’amitié entre Mitterrand et Kohl. Militant de la construction européenne, Mitterrand s’investit personnellement dans le débat sur le traité de Maastricht. Il s’oppose à la vision de Margaret Thatcher et milite pour l’intégration de l’Espagne et du Portugal à l’Europe. Allié des Etats-Unis, il n’en cherche pas moins, à privilégier une voie française, celle de la négociation jusqu’au bout. Pourtant, il ne modernise pas sa vision de l’Afrique si on excepte son appel à la démocratisation lancé de La Baule en 199. Quant à sa sympathie pour les Serbes, elle altère son appréciation de la situation yougoslave.

Le pouvoir est usé et la gauche perd les élections législatives de 1993. Édouard Balladur devient le nouveau Premier ministre de la seconde cohabitation. Les dernières années sont ternies par les révélations sur la maladie du Président et ses liens avec René Bousquet. S’y ajoutent les "affaires". Après le Carrefour du développement et l’affaire du Rainbow Warrior au milieu des années 80, il y a les suicides de Pierre Bérégovoy, de François de Grossouvre et la mort de Roger-Patrice Pelat.

François Mitterrand se retire de la vie publique après de l’élection de 1995 et décède un an plus tard, le 8 janvier 1996, miné par le cancer.


Mitterrand a marqué durablement la gauche française. Venu de loin, de la vieille droite conservatrice, celui qui a su rassembler la gauche et la conduire vers le pouvoir fait l’objet d’un bilan mitigé.

L’homme a trop aimé le pouvoir, il a sculpté sa propre statue et dessiné le canevas de sa propre légende. Aujourd’hui, il ne reste rien du mitterrandisme si ce n’est une certaine idée de la politique et du pouvoir où Machiavel l’emporte trop souvent sur Mendès France.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mjs63.org
 
François MITTERRAND
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Roger Hanin
» Obama en Normandie.
» Les forces françaises en OPEX
» Les actualités de la Marine Française
» Shadow cabinet de François Bayrou

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum de la jeune gauche 63 :: Bibliothèque militante :: Voyage dans la gauche-
Sauter vers: