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 René DUMONT

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Thibaut Meunier

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Nombre de messages : 667
Localisation : La Moutade
Date d'inscription : 08/03/2006

MessageSujet: René DUMONT   Mer 1 Aoû - 20:40

Parmi les candidats à l’élection présidentielle de 1974 figurait pour la première fois un écologiste, en la personne de René Dumont.

Agronome de formation, René Dumont est né le 13 mars 1904 à Cambrai dans une familles paysanne ardennaise. En 1929, à la fin de ses études, il est affecté au Vietnam en 1929. Mais, la politique coloniale le révoltes, aussi revient-il à Paris en 1933 pour enseigner l’agronomie jusqu’en 1974.

Le fait pour lui d’être né avant la Grande guerre en fit un "pacifiste intégral".Il a formulé en pleines Trente glorieuses, une critique importante du productivisme. C’est pour cette uvre qu’il fut reconnu. Mais auparavant, il aura eu une parenthèse plus sombre dans sa vie militante. En effet, après avoir milité contre la guerre avec les nazis, il écrivit des articles sur l’agriculture (citant l’agriculture nazie comme modèle) dans la Terre française, un hebdomadaire pétainisme en faveur au retour à la terre et au corporatisme agricole.

Après la guerre, il reprend le combat mené à son retour du Vietnam esquissé dans son premier livre publié en 1935, La Culture du riz dans le delta du Tonkin : trouver une solution aux problèmes de la malnutrition et du développement rural dans le Tiers Monde. Pour le compte de l’ONU et de la FAO, Dumont entame de nombreux voyages d’études et publie des rapports très critiques sur la politique agricole des pays du Tiers-Monde, ce qui le conduit à rencontrer, conseiller et parfois admonester les grands des "pays du sud", de Castro à Nasser en passant par Nehru, Sihanouk, Bourguiba ou Senghor.

Il a critiqué le colonialisme, mais il dresse assez tôt un bilan du développement des nouvelles nations indépendantes du sud, sociétés complexes au sein desquelles coexistent à la fois des formes tribales d’organisation et de production et le poids des impérialismes occidentaux.

Pour certains, Dumont se pose en "agronome de la faim", vivant son métier comme un sacerdoce. L’homme au pull rouge, étonne tout le monde quand il pronostique qu’un jour l’essence coûtera cinq francs. Il étonne tout autant, lorsque, passant à la télévision, il parle devant une pomme et un verre d’eau, montrant combien ces denrées sont "précieuses ".

L’homme, intransigeant et hors norme ne ressemble pas aux hommes politiques de son époque. Coléreux et imprévisible, Dumont, spécialiste ­avant d’autres - de la misère du monde, est un des maîtres à penser de la jeunesse des années 60 et 70. Inclassable, même dans la nébuleuse de la gauche alternative, Dumont est au carrefour de tout. Porte parole des paysans du monde entier, il ne théorise pas comme les marxistes et les révolutionnaires de son temps les "effets de l’accroissement des contradictions du capitalisme", il ne fait que donner une photographie des effets de ce qu’on n’appelle pas encore la mondialisation : explosion démographique, productivisme acharné, pollution, bidonville, le pillage organisé apr le nord des ressources du sud, malnutrition etc.

Pour tiers-mondiste qu’il fut, René Dumont n’en fut pas moins lucide sur la capacité des nouveaux pouvoirs du sud à éradiquer la pauvreté. Il dénonce la corruption et le "césarisme tropical". Avant d’autres, ses analyses mettent le doigt sur une réalité que la chute du Mur a fait éclater au grand jour : si le la minorité aisée du nord continue de prospérer sur le dos des pauvres du sud, le danger viendra de ces masses de pauvres qui ne bénéficient pas du progrès technique ou économique.

En 1974, il est candidat à l’élection présidentielle à laquelle il obtient 1,32 % des voix. Son directeur de campagne s’appelle Brice Lalonde. A un moment où dans l’écologie devient politique, c’est-à-dire où elle devient le combat et la raison de l’engagement de toute une génération qui, sur fond de crise sait que la croissance n’est qu’un mythe, que le marché n’est pas tout et que le gaspillage d’une planète dont les ressources ne sont pas inépuisables doit cesser."Je regrette sincèrement que les événements ne m’aient que trop donné raison", disait-il. Si la gauche croyait encore aux prophètes, Dumont en aurait certainement été.

C’est simplement à l’écoute des sociétés qui bougent et par une présence sur le terrain, que l’agronome a pu sentir les évolutions que nous connaissons aujourd’hui.René Dumont a écrit une quarantaine d’ouvrages dont L’Afrique noire est mal partie (1962), L’Utopie ou la mort (1973), L’Afrique étranglée (1980), Pour l’Afrique, j’accuse (1986) et Démocratie pour l’Afrique(1991).
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René DUMONT
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