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 Luis Inacio "LULA" da Silva

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Thibaut Meunier

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Nombre de messages : 667
Localisation : La Moutade
Date d'inscription : 08/03/2006

MessageSujet: Luis Inacio "LULA" da Silva   Mer 1 Aoû - 22:08

Luis Inacio "Lula" da Silva est le leader historique du Parti des travailleurs.

Né en 1946 dans le village de Garahuns dans de Nordeste, la région la plus pauvre du pays, dans une famille de paysans qui émigre vers les faubourgs ouvriers de Saõ Paolo. Lula commence à militer à la fin des années 60 comme syndicalisme dans la métallurgie. A ce moment, la dictature militaire sévit au Brésil et la répression est brutale aussi le mouvement syndical et politique est-il condamné à survivre dans la clandestinité. Elus en 1982 avec une majorité historiques, les députés du PT avec à leur tête Lula, promulguent une constitution démocratique.

Candidat à la présidentielle en 1989 contre Fernando Collor, Lula perd faute d’un empire médiatique en sa possession. Collor qui a fraudé pour gagner continue de frauder pour durer et il est évincé du pouvoir. Il faut attendre le 27 octobre 2002 pour que Lula accède enfin à la présidence brésilienne avec 61,3% des voix.

Lula s’est attaché à renforcer le PT, multipliant les liens, les rencontres et les accords avec des organisations plus petites, l’ensemble du mouvement social, associatif et syndical. Le PT a gagné des villes comme São Paolo et Porto Alegre.

Même si ce parti a un passé radical que Lula s’est efforcé d’atténuer pour gagner des voix au centre, il a déjà une très expérience de gouvernement local avec les villes et les états qu’il dirige déjà. Lula lui-même est un ancien sénateur.

Sur le plan international, Lula maintient sa ligne de contestation de l’hégémonie des Etats-Unis, en affirmant sa priorité au Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) sur la Zone de Libre-échange des Amériques (ZLEA). En outre, il engage son pays dans le renforcement des organismes internationaux, la défense du protocole de Kyoto, du TPI et des accords interdisant les armes chimiques et nucléaires. L’Administration du "camarade Bush", comme le président brésilien nomme son homologue "yankee" ne voyait d’ailleurs pas d’un très bon œil l’élection de l’ancien syndicaliste.

Comme les révolutionnaires qui défendaient les paysans mexicains ou espagnols, Lula a entamé une réforme agraire pour mettre un terme au conflit violent entre paysans et latifundistes, les grands propriétaires terriens. Certes, Cardoso s’était déjà lancé dans une réforme. Cela dit Lula estime être le seul capable de réussir une réforme sans bras de fer. Les événements récents et l’impatience des sans-terres laisse rappelle cependant la difficulté et le courage l’action réformiste.

La stratégie des socialistes brésiliens vient d’une analyse des deux extrêmes que la gauche latino-américaine a connues ces trente dernières années.

L’expérience Allende des années 70 qui a conduit à un coup d’état militaire fomenté par la droite et l’extrême droite chiliennes avec le soutien des Etats-Unis, et, dans un contexte différent, la "trahison" c’est, pour les pétistes (membres du PT), ce qu’a fait De La Rua en Argentine, cédant au libéralisme au point d’appauvrir le pouvoir politique dans son pays et de provoquer sous la pression du FMI le désastre économique que l’on connaît.

Il s’agissait de dépasser Cardoso sur sa gauche tout en faisant preuve de réalisme économique. L’ambition affichée de la gauche brésilienne est de prétendre à l’hégémonie au sein du MERCOSUR pour contester le leadership des Etats-Unis. Ce qui aurait pour effet de donner du poids à une politique sociale dans le marché économique continental américain.

Mais le volontarisme de gauche se heurte à une réalité économique sombre.

Lula promet un "nouveau pays" mais aussi l’austérité et la rigueur. Il s’est engagé à ce que le Brésil respecte ses engagements internationaux, et maintienne une politique de contrôle de l’inflation et de responsabilité fiscale. Il hérite d’un pays où 10 % des plus riches détiennent la moitié des ressources. Voilà pour le réalisme. Car la réalité c’est qu’un Brésilien sur trois vit avec moins d’un dollar par jour et que ce pays de 170 millions d’habitants touché par la crise n’atteint qu’un pour cent et demi de croissance, a vu sa monnaie perdre 40 % de sa valeur et sa dette publique atteindre 60 % du PIB.

En l’élisant, le Brésil a également voté pour le changement et pour un nouvel ordre économique.

Aussi a-t-il créé un Secrétariat à l’urgence sociale qui sera chargé entre autres de combattre la faim. "Si à la fin de mon mandat, il ne reste plus une seule personne qui ne mange pas trois fois par jour au Brésil, j’aurai accompli la mission de ma vie", a-t-il. Le nouvel ordre économique de Lula passe notamment par l’abaissement du coût du crédit, le renversement des priorités dans les financements et les dépenses publiques, la valorisation l’agriculture familiale, les coopératives, les micro et petites entreprises, et les diverses formes d’économie solidaire". Mais il souhaite que l’investissement étranger au Brésil reparte et associer les forces politiques, culturelles, sociales et économiques dans un Pacte social pour relancer l’économie.

Lula dispose d’une marge de manœuvre étroite car il doit à la fois "rassurer les milieux d’affaires, mais ne pas trahir la gauche" en maintenant une certaine rigueur budgétaire pour satisfaire les marchés et tenir ses promesses pour répondre à l’immense espoir suscité par sa victoire... D’autant que l’Argentine voisine a connu un précédent dans des conditions similaires avec une crise économique qui a jeté le peuple dans la rue, provoquant la démission du gouvernement radical de Fernando de la Rua.

Car, du point de vue du rapport de force politique, le PT et ses alliés n’ont pas de majorité absolue au Congrès. S’inscrivant dans une logique de réalisme de gauche et authentiquement réformiste, le nouveau président a aussi prévenu : "Je ne serai pas le président de la gauche, mais celui de tous les Brésiliens". Et plus tard, : "Nous allons convoquer tous les hommes et toutes les femmes de ce pays, tous les patrons et tous les syndicalistes, tous les travailleurs ruraux, toute la société brésilienne pour construire un pays plus juste, plus fraternel, plus solidaire."

Lula est toujours un président sous haute surveillance, sociale et économique. Sa victoire, couronnement d’un combat de vingt ans, se mesurera finalement à sa capacité à tenir ses promesses électorales en respectant ses engagements économiques. Ce qui ne manquera pas d’être un signe de référence pour la social-démocratie internationale.
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