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 Jurgen HABERMAS

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Thibaut Meunier

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Nombre de messages : 667
Localisation : La Moutade
Date d'inscription : 08/03/2006

MessageSujet: Jurgen HABERMAS   Mer 1 Aoû - 22:23

Généralement, Jurgen Habermas est associé à l’Ecole de Francfort, dans laquelle il enseigna d’ailleurs avec sa thèse sur Freidrich Schelling. Il est vrai qu’on retrouve chez lui beaucoup d’éléments de la "sociologie critique" mis en avant par Adorno et Horkheimer.

Cependant, ses travaux se distinguent par leur influence marxiste à une époque où les intellectuels allemands s’affirment plutôt comme anti-communistes.

Tout comme Marx, Jurgen Habermas s’intéresse à la tendance du capitalisme à s’orienter vers la crise, mais dans un contexte assez différent : celui de ce qu’il nomme le « capitalisme avancé ».

Il s’intéresse également à la communication dans ses rapports avec le pouvoir et la technique. Il a tenté de refonder la théorie de la raison, en la divisant en deux : raison communicationnelle et raison technique.

Un des ouvrages fondateurs de la pensée de Habermas est le livre Raison et légitimité publié en 1973. Il y explique que, dans les sociétés capitalistes, un consensus sur les valeurs et les idéaux politiques n’est plus réalisable du fait de la concurrence. Le primat de l’ordre économique et l’idéologie de la technique et de la science risquent ainsi d’aboutir à une disparition de la distinction du public et du privé et à l’émergence d’un modèle de société uniforme qui serait dénuée de sens critique.

Pour éviter cette perspective, Jurgen Habermas propose de réconcilier la raison et la démocratie. Pour y arriver, la raison ne doit pas s’enliser dans une forme de « rationalité instrumentale » débouchant sur le règne de la technique. Car, cela reviendrait à ériger la technocratie en forme de gouvernement.

Il faut, tout au contraire, favoriser dans nos sociétés une "rationalité pratique" qui soit créatrice de valeurs, de normes, de principes et de règles. Cela suppose le recours à l’espace public.

Cet espace public est un des éléments centraux de la pensée de Habermas. Le philosophe considère que l’espace public est issu d’un processus qui s’est déroulé en Europe au cours du 18ème siècle « au cours duquel le public constitué d’individus faisant usage de leur raison s’approprie la sphère publique contrôlée par l’autorité et la transforme en une sphère où la critique s’exerce contre le pouvoir de l’État. » (L’espace public).

Issu du monde bourgeois et littéraire, l’espace public est cette dimension constitutive de la démocratie qui serait cependant progressivement réduite sous le poids des contraintes technico-économiques.

En clair, pour construire la démocratie, il y a la nécessité de réorganiser la vie politique autour d’institutions et de règles permettant une participation de tous les individus à la décision publique.

Ainsi, dans Théorie de l’agir communicationnel (1981), Habermas développe une conception délibérative de la démocratie selon laquelle une raison universelle émergerait de l’interaction entre les hommes, c’est-à-dire l’expérience intersubjective. Habermas renoue ainsi avec le projet kantien d’une raison émancipatrice.

En prétendant à la vérité dans son discours, chaque individu présuppose dans son discours la possibilité d’un consensus. La caractéristique de la démocratie est donc la forme discursive de la volonté générale. La « communication » que propose Habermas ce n’est rien moins que la recherche des normes communes à partir desquelles construire le collectif. C’est ce que l’on appelle l’éthique de la discussion.

A côté de ces réflexions, Jurgen Habermas produit un certain nombre d’idées sur la question de la nation, du patriotisme et de l’Europe. On dit d’ailleurs qu’il est le théoricien du Patriotisme constitutionnel, c’est à dire d’un patriotisme qui serait détachée de l’idée de Nation mais qui pourrait se rattacher à des valeurs, comme les droits de l’Homme par exemple.

Il développe ainsi l’idée que les Allemands ne doivent pas se sentir attachés à leur pays, coupable d’atrocités durant la Seconde Guerre Mondiale, mais aux institutions démocratiques qui garantissent le respect des citoyens. La patriotisme ne serait donc pas un sentiment qui devrait être forcément rattaché à la Nation mais plus à des institutions ou à une communauté de valeurs.

C’est dans cette logique, que Jurgen Habermas pense qu’il est possible de dépasser les Etats-Nation pour construire une citoyenneté européenne. Sa thèse est simple mais particulièrement intéressante : l’apparition de minorités culturelles de plus en plus importantes dans les pays européens implique qu’on repense la citoyenneté. L’État de droit doit pouvoir garantir aux minorités le respect le plus complet de leur identité, de leur langue et de leur religion... et ceux-ci, en retour, doivent s’attacher à la défense et au respect de ces mêmes institutions.
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