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 Combattre Sarkozy

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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:53

Je publie sur ce forum une série d'argumentaires contre Sarkozy:
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Nicolas Sarkozy et la réforme du droit des successions   Sam 10 Mar - 17:54

Nicolas Sarkozy et la réforme du droit des successions

“J’estime que quand on a travaillé toute sa vie, on a le droit de laisser à ses enfants, en franchise d’impôts, ce qui représente le produit de son travail” (TF1, 5 septembre 2004)


Nicolas Sarkozy en est persuadé : il faut réduire les droits de succession. Après avoir allégé la fiscalité des donations-partages, il s’y est donc attaqué directement en proposant une exonération sur les successions à hauteur de 100.000 €.

Si ce montant est présenté par l’ancien ministre de l’Économie comme le “patrimoine moyen” des Français, la réalité est que seules 20% des successions portent sur plus de 100 000 €. Les contribuables qui profitent de la réforme Sarkozy se recrutent donc dans les couches les plus fortunées des Français.

Surtout, il est faux de présenter le patrimoine d’un parent décédé comme le “produit de son travail”, puisqu’il s’agit de la transmission de richesses accumulées de génération en génération.

C’est précisément la raison pour laquelle les inégalités au regard du patrimoine sont, en France, beaucoup plus importantes que celles touchant aux revenus : les 10% des ménages les plus riches se partagent plus de 40% du patrimoine total, tandis qu’au bas de l’échelle la moitié des ménages ne possèdent que 10% du patrimoine des Français.

Le projet politique de Nicolas Sarkozy (qui semble bien contradictoire avec le discours selon lequel chaque individu doit tout devoir à son mérite et à son travail) vise donc à laisser ces inégalités se reproduire et se transmettre plutôt que de chercher à lutter contre cette extrême concentration de la richesse.

Seuls deux chefs d’État ont d’ailleurs choisi, à l’instar de Nicolas Sarkozy, de remettre en cause cet outil de redistribution : George W. Bush en 2002 et Silvio Berlusconi en 2003.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:55

Les promesses fiscales de Sarlozy : impossibles à tenir

« la promesse de réduire de 4 points de PIB le taux de prélèvements obligatoires n’a aucune chance de se réaliser ». Nous reprenons ici sous forme synthétique l’argumentaire de l’économiste Thomas Piketty paru dans Libération la semaine dernière.

Les prélèvements obligatoires, ce sont les impôts, taxes et cotisations diverses qui financent non seulement le budget de l’Etat, mais aussi les caisses de Sécurité Sociale et de retraite.

Thomas Piketty juge fantaisiste la promesse de Sarkozy visant à les réduire de 4 points de PIB (Produit Intérieur Brut), c’est à dire 4% de l’ensemble de la richesse nationale produite chaque année.

Pour réduire de 4 points de PIB les prélèvements obligatoires il faudrait par exemple supprimer en même temps :

l’impôt sur le revenu
l’impôt sur les successions
l’impôt de solidarité sur la fortune

Piketty rappelle qu’en 5 ans, Chirac n’a réussi a réduire le seul impôt sur le revenu de seulement 20%.

Mais dans le même temps, les prélèvement ont augmenté de 1,5%, principalement lorsque Sarkozy était à Bercy.

L’autre solution, consistant à réduire les dépenses publiques n’a pas plus de chance de voir le jour car les sommes en jeu sont considérables. Elles représentent :

4 fois le budget de la recherche
ou 50% des dépenses de santé

De fait, une telle réduction n’a jamais eu lieu, même chez les plus libéraux :

Thatcher n’a réduit les prélèvements que de 2% en 10 ans, avant que ceux-ci ne retrouvent leur niveau d’origine , à 37-38% sous les gouvernements Blair.

Les pays nordiques ont stabilisés leurs prélèvements, mais ne les ont pas diminués.

Suède : 50-52%
Danemark : 49-50%

A comparer aux 44% de la France.

Piketty conclut en estimant que :

En se lançant dans de telles promesses, sans même prendre la peine d’expliquer le début du commencement de la méthode envisagée , Nicolas Sarkozy révèle une fois encore sa vraie nature. Loin du parler vrai et de la transition douce du gaullisme vers le libéralisme social et moderne, le candidat UMP incarne une sorte de gaullo-bushisme autoritaire et populiste.

Retrouvez la vidéo de Piketty: http://mjs63.over-blog.com/article-5946897.html
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:56

Etudiants salariés, les menaces que la droite fait peser sur la jeunesse

Sarko veut mettre la France "au travail", étudiants compris...


Voici ce qu’on pouvait entendre à la Porte de Versailles, le 14 janvier 2007, lors du congrès d’investiture : « (…) tout sera fait pour que chaque étudiant puisse étudier et travailler en même temps – vous aurez une véritable autonomie financière qui est la clé de toute liberté. Mais vous la mériterez par votre effort, par votre travail, par votre assiduité, par votre sérieux. Vous deviendrez responsable de votre vie ». Repris dans le projet de l’UMP, on développe cette idée lumineuse, à la section 4 de la partie « Jeunesse » ; c’es l’engagement de Nicolas Sarkozy en faveur d’un : « accompagnement pour chercher un emploi ». La France au travail, en home du site de l’UMP, c’est l’objectif principal du candidat de la droite. Cependant, le parti majoritaire, qui cite abondamment graphiques et notes dans son projet en papier glacé, ne peut feindre d’ignorer le rapport de décembre 2003, remis au ministre de la Jeunesse, de l’Éducation Nationale et de la Recherche, par M. Claude Grignon, président du comité scientifique de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE). Que lit-on dans ce rapport ? La contradiction pure et simple des engagements, des propositions, des mesures de Nicolas Sarkozy. On y découvre la synthèse d’une enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 26.000 étudiants, synthèse qui pointe du doigt la précarité de la jeunesse étudiante, précarité toute relative, écrit M. Grignon, à ceux qui sont trop pauvres pour songer même à devenir étudiants. Nous nous intéresserons à la seconde partie de ce rapport, qui met en exergue les difficultés des étudiants qui travaillent à réussir leurs études à concurrence de ceux qui ne travaillent pas ; on apprend également, pour faire écho aux valeurs brandies par M. Sarkozy (effort, travail, mérite, etc.), que les étudiants demandeurs d’aide exceptionnelle des services sociaux sont plus studieux dans leurs dépenses : sur quatre entrées dans l’enquête sur les dépenses (livres ; fournitures scolaires ; vêtements ; sorties), les demandeurs affecteraient aux dépenses-livres dans la quinzaine précédant l’enquête 10,5 euros contre 10 euros pour les non demandeurs, 7,4 euros contre 5,4 euros aux dépenses-fournitures, 16,6 euros contre 17,2 euros aux dépenses-vêtements, 18,6 euros contre 24,3 euros aux dépenses-sorties. Ces chiffres de moyennes indiquent un creusement conséquent entre demandeurs et non demandeurs quant aux dépenses en vêtements, sorties et fournitures et révèlent le sérieux des étudiants demandeurs d’aide sociale exceptionnelle quant à l’affectation de leurs revenus aux dépenses liées à leurs cursus universitaires. Les stigmatiser comme M. Sarkozy le fait en notant que c’est sur la base de l’effort, le mérite, le travail qu’on alloue des aides, que c’est un contrat truffé de devoirs qu’il faut qu’ils signent pour bénéficier des aides sociales exceptionnelles est non seulement une erreur quant à la réalité observée par ce rapport de l’OVE, c’est encore une insulte pour ces étudiants qui n’ont pas attendu les conseils pontifiants de M. Sarkozy pour être « responsable de [leur] vie ». Et enfin, cette assiette « travail, mérite, effort » est tellement subjective qu’il faudrait faire une confiance aveugle à M. Sarkozy pour croire un seul instant que ces valeurs criées à tout instant ne sont pas le prétexte d’une fin de l’aide sociale pour les étudiants, d’un désengagement de l’État vis-à-vis de l’Université.

Quand on entre dans le cœur du rapport, ces considérations chiffrées prennent une réalité nouvelle à entendre M. Sarkozy qui propose de « tout faire » pour qu’un étudiant « puisse » (entendre : « doivent ») travailler en même temps qu’il étudie. Voyez plutôt. D’une part, évacuons de notre champ d’analyse les 10% des étudiants qui travaillent dans le cadre de leurs études ; ce sont les attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER), les professeurs stagiaires, les élèves professeurs, les internes et les externes des hôpitaux. Le rapport Grignon montre que ces 10% d’étudiants représentent 22% des étudiants qui travaillent et sont issus dans leur grande majorité des classes supérieures à fort processus de sélection. Reste les 78% des étudiants qui travaillent qui exercent une activité professionnelle sans lien avec leurs études. Dans cette répartition, on retient : 66,1% qui travaillent occasionnellement, 18,6% qui travaillent au moins à mi-temps et au moins six mois pendant l’année, et surtout, l’inquiétant pourcentage, 15,3% qui travaillent à plein temps, représentant 7% de l’ensemble des étudiants. Plus alarmante encore est la pluriactivité généralisée des étudiants qui travaillent pendant leurs études : on notera dans le rapport, à titre d’exemple, que 55% des étudiants qui travaillent comme ouvriers exercent une autre activité salariée sans rapport avec leurs études. Enfin, on note que l’exercice d’un unique emploi chez un particulier est deux fois plus fréquent pour les étudiants dont les parents ont un revenu supérieur à 3000 euros par mois que lorsqu’il ne dépasse pas les 750 euros par mois.

Le rapport souligne également que les étudiants de plus de 26 ans ont 4,5 fois plus de risque de travailler que les plus jeunes (20 ans et moins), alors que les étudiants de troisième cycle ont deux fois moins de risque de travailler que l’ensemble des étudiants. On pointe ici une contradiction majeure, que le rapport soulève : la précarité des étudiants se traduit bien souvent par de longs séjours à l’université pendant quatre à six ans, dans des filières diverses avec une chance d’atteindre les années de troisième cycle très faible. L’objectif croisé de la réussite scolaire, qui combine précocité et niveau final des études, est de moins en moins atteint par les étudiants salariés précarisés.

L’étude étaie également l’idée que travailler tout en étudiant est un facteur d’échec scolaire et de retard pour l’achèvement des études. Ainsi, 43,8% des étudiants qui travaillent ont réussi leurs examens en totalité, contre 62,4% pour l’ensemble des étudiants ; 26,9 % ont obtenu une réussite partielle sans pouvoir passer au niveau supérieur contre simplement 12,2% pour l’ensemble des étudiants ; enfin, 18 % des étudiants qui travaillent pris en compte par cette enquête ont abandonné leurs études contre 9,9 % pour l’ensemble des étudiants.

De plus, là où on attendrait que l’État brise les cycles de la misère et de la précarité, le rapport Grignon montre que c’est un mécanisme « circulaire et cumulatif » (Rapport Grignon, p. 15), dans la mesure où un étudiant qui échoue à ses examens a deux fois plus de risque qu’un étudiant qui a obtenu une réussite totale à ses examens de basculer dans un processus études-travail. Le retard dans les études des étudiants qui travaillent est la monnaie de retour de leur activité salariée, quand 18,7 % sont dans les temps, contre 42,4% des étudiants, et 50,7% à avoir deux ans et plus de retard contre seulement 19,4% des étudiants. La synthèse de l’analyse de ce rapport inquiétant interpelle les militants politiques que nous sommes. En effet, le travail des étudiants, dans l’immense majorité qui contraint ceux issus des familles les plus pauvres, sont un frein à la mobilité de ces jeunes en même temps qu’il les contraint à se diriger vers des filières peu contraignantes (permettant de consacrer moins de temps aux études et plus au travail). Les filières d’études où le travail scolaire demande toute l’attention des étudiants sont fermées en très grande partie aux étudiants qui travaillent par nécessité, nécessité imposée par les revenus faibles voire très faibles de leurs parents. Ils sont ainsi incités à s’orienter vers des filières où les études laissent suffisamment de temps pour occuper une activité salariée. Ces filières offrent dans le même temps très peu de débouchés professionnels pour ces individus, contraints bien souvent de s’insérer dans un marché de l’emploi déjà balisé par eux. Ainsi, à titre d’exemple, un étudiant employé de commerce ou d’un service commercial face à des échecs successifs aux examens privilégiera une insertion dans sa branche professionnelle, ou bien par nécessité (charge de famille, etc.) ou bien par choix (volonté de préserver un mode de vie lui assurant au minimum les moyens de subsistance).

Le rapport Grignon conclue sur trois remarques inquiétantes : la pauvreté grave et durable des étudiants a augmenté, tandis que la part des étudiants n’exerçant pas d’activité salariée a baissé. Une nouvelle population étudiante augmente, encore plus durablement pauvre : celle des étudiants étrangers non-européens ; celle-là même que Nicolas Sarkozy stigmatisait quand il disait préférer, le 11 juin 2005 devant les cadres de l’UMP, que « la France reçoivent les meilleurs étudiants étrangers plutôt que de continuer à recevoir ceux qui, ne trouvant de place nulle part ailleurs dans le monde, se retrouvent dans nos facultés et nos universités ». Au final, les droits sociaux de cette population étudiante majoritairement plus pauvre que la population française et européenne, sont revus à la baisse selon ce principe encore une fois d’une subjectivité toute malhonnête ; un seul exemple : la loi sur le droit au logement opposable n’est pas ouvert aux étudiants étrangers, sauf à remplir des conditions qui équivalent à ce qu’on pourrait appeler une naturalisation de paille. C’est ainsi que RéSo s’oppose à la mise au travail des étudiants français, européens et extra-européens présents dans le système universitaire français, car bien moins que l’autonomie financière, le travail des étudiants est synonyme de précarité des étudiants, d’échec scolaire et d’insertion contrainte dans un marché de l’emploi où des étudiants naguère précaires sont forcés de s’embaucher comme salarié précaire en contrats à faibles droits sociaux, pour assurer les moyens de leur subsistance. Nous pensons que c’est à l’État d’assurer aux étudiants les moyens de leur subsistance. Nous sommes convaincus que l’autonomie des étudiants ne se décrète pas en proposant de les « accompagner » pour trouver un emploi, ce qu’ils font, hélas ! très bien seuls ; de même, M. Sarkozy ne sera pas quitte pour stigmatiser telle ou telle population étudiante. Les étrangers, les paresseux, les voyous, les malchanceux, selon sa technique habituelle de mise en lutte de chacun contre tous. En revanche, faire le pari de l’autonomie des étudiants, c’est relever le défi mondialisé de la recherche, de la compétitivité, de l’épanouissement de l’individu et de la satisfaction, légitime, des ses aspirations les plus fondamentales. C’est garantir, autant que cela est possible, une entrée a maxima dans le monde du travail, grâce à un diplôme obtenu de plus en plus tôt et une expérience acquise dans le cadre des stages en rapport avec les filières d’études choisies, encadrés par le service public de l’éducation et rémunérée en conséquence du service rendu de manière obligatoire.
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Thibaut Meunier

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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:57

Sarkozy : des attaques continuelles contre le droit du travail

Malgré les dénégations de Xavier Bertrand, porte parole de Nicolas Sarkozy et ministre de la santé (spécialiste de la double casquette comme son cher candidat), le contrat unique, inspiré du CNE est bien une des pierres angulaires du projet du chef de l’UMP. Sarkozy ne veut pas risquer une p rotestation comparable ou supérieure à la mobilisation de 2006 contre le CPE, sachant par ailleurs l’hostilité généralisée des organisations syndicales à cette possibilité. Pour autant, les faits sont là…

A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a rappelé son attachement à la création d’un « contrat unique à durée indéterminée » (discours d’Agen), « plus souple en matière de licenciement économique » (discours de Charlevilles-Mézieres), grâce à des « procédures de licenciement moins longues » (…), et « applicable à toute nouvelle embauche » (programme officiel de l’UMP). Malgré sa demande de suspension du CPE en pleine crise du printemps 2006, sa vision des choses est très claire : "Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher » (déclaration devant les patrons de PME le 24 janvier 2007). Il a d’ailleurs voté le CPE et le CNE en 2005 et 2006.

Spécialiste du brouillage des cartes et prêt à tout pour arriver aux objectifs fixés, il n’hésite pas à orienter son discours vers les plus privilégiés tout en prétendant parler aux classes populaires, en promettant à chacun de « travailler plus pour gagner plus ». Nicolas Sarkozy nous ressort ainsi la recette libérale magique dont les Français n’ont jamais vraiment voulu quand lui-même déjà défendait de telles positions aux côtés de Balladur, Juppé ou pour son propre compte aux élections européennes de 1999.

Son projet est fondé sur la dissolution du droit du travail, le licenciement sans motif et multiplie les attaques en direction de notre droit collectif. Sarkozy, c’est moins de droits à conserver son emploi, plus de « droits » hypothétiques à en trouver un autre moins bien payé.

Il sous-entend également, sous couvert de liberté, que chaque salarié peut déterminer sa durée du travail, or seul le chef d’entreprise peut en décider. Ce n’est donc qu’un marché de dupes. Tout cela en échange d’une prétendue « sécurité professionnelle » et d’hypothétiques promesses de reclassement dans un contexte où « le poids des salariés ayant vécu un déclassement dans la hiérarchie socioprofessionnelle a "plus que doublé" en 20 ans, passant de 3% au début des années 1980 à près de 7% dans les années 2000 » selon une étude récente de l’INSEE.

En prônant la rupture tranquille, Nicolas Sarkozy est tout simplement le candidat de la continuité chiraco-villepiniste et d’un travail gouvernemental visant notamment à faire supprimer totalement le contrôle de la durée du travail par l’inspection du travail. Petit à petit, ce travail de sape ambitionne de ne plus connaître du tout la durée du travail des salariés (voir Réforme Larcher et modification de l’article D. 212-21 du Code du travail).

Au delà du CNE, le projet de Sarkozy dans son ensemble reprend les arguments traditionnels développés par les plus libéraux et combattus sans relâche par les plus progressistes depuis des siècles. Celui-ci a un objectif précis : détruire les protections instaurées par la loi pour protéger les salariés… Qu’en serait-il de la durée du travail hebdomadaire ou du travail des enfants si de tels positionnements avaient eu un écho généralisé en d’autres temps ? A nous aujourd’hui de dénoncer ces impostures !
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:58

Retour sur les propositions économiques de Sarkozy

Obtenir les voix des classes populaires en annonçant un programme tout entier tourné vers la satisfaction des plus aisés n’est pas chose facile. C’est sans doute ce qui explique l’unanimisme vague du discours d’intronisation tenu par Sarkozy, le 14 janvier 2007.

Essayons de voir ce qui se cache derrière l’écran de fumée oratoire du ministre-candidat.

1. Je propose qu’aucun minimum social ne soit accordé sans la contre-partie d’une activité d’intérêt général.

S’il y a des travaux d’intérêt général à faire, il faut qu’il donne lieu à la création d’emplois, non à des corvées pour les plus démunis.

2. Celle qui construit des internats d’excellence pour les élèves d’origine modeste parce qu’ils ne peuvent pas étudier chez eux.

Il y a confusion des genres. Si les logements des familles pauvres les condamnent à la promiscuité, ce ne sont pas des internats qu’il faut construire… Et si l’on veut vraiment combattre les inégalités scolaires, c’est en donnant des moyens éducatifs, en heures, en personnels et en formation de ces personnels qu’on pourra le faire.

3. Je souhaite une loi sur le service minimum dès le mois de juin 2007.

Faire grève c’est montrer la nécessité sociale de ce qu’on fait en cessant de le faire, c’est poser un rapport de force. En limitant l’impact de la grève, on affaiblit les salariés devant les mauvais coups du gouvernement et du patronat.

4. Je souhaite en outre qu’une loi impose le vote à bulletins secrets dans les 8 jours du déclenchement d’une grève dans une entreprise, une université, une administration.

Ici encore, il s’agit d’affaiblir les travailleurs. Lancer un mouvement de protestation n’est pas facile. La dynamique ne prend pas tout de suite. En obligeant les salariés à voter tout de suite, on coupe l’herbe sous le pied des plus conscients d’entre eux. En les obligeant à le faire à bulletins secrets on les divise, on les empêche de se constituer en groupe solidaire où chacun assume devant tous le choix qu’il fait et qui les engage tous.

5. si l’on pense que la politique ne peut rien faire pour résoudre en dix ans la crise du logement en construisant les 700 000 logements qui manquent, il ne faut pas faire de politique.

Qui construira ces logements ? Avec quel argent ? Comme maire de Neuilly, Sarkozy a préféré payer les amendes plutôt que de construire le quota de logements sociaux prévu par la loi…Comme numéro deux des gouvernements successifs, il s’est moqué comme d’une guigne de la situation du logement. Ce genre de promesse n’engage que ceux qui y croient…

6. Il faut permettre aux classes moyennes, à la France qui travaille d’accéder à la propriété. Je propose que l’Etat garantisse l’emprunt de celui qui n’a pas de relations. Je propose que l’on puisse déduire tous les intérêts de son emprunt du revenu imposable.

Près de la moitié des actifs français ne gagnent pas assez pour être assujettis à l’impôt sur le revenu. Soit cette mesure vise effectivement les revenus médians, auquel cas l’avantage en termes de baisse d’impôts risque d’être faible. Et le paiement des traites constituera contrairement à ce que dit Sarkozy un facteur de fragilisation des ménages concernés. Soit elle vise de hauts revenus, auquel cas il s’agit encore une fois d’aider ceux qui ont le moins besoin d’aide.

7. Ma République c’est celle du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés, parce que si l’on pense que d’ici à cinq ans on ne peut pas trouver les moyens de scolariser tous les enfants handicapés, il ne faut pas faire de politique.

Le ministre-candidat met la charrue avant les bœufs. La scolarisation des enfants handicapés est un souci qui l’honore. Encore faudrait-il envisager les dispositifs concrets qui doivent la rendre possible, prendre au sérieux les différents handicaps au lieu d’user de la catégorie « handicapé » comme d’un fourre-tout, prévoir le recrutement, la formation des personnels nécessaires, et donc le financement…bref avoir une politique à proposer au lieu d’un élan de générosité bien creuse !

8. Ma République c’est celle du droit opposable à la garde d’enfants, parce que lorsqu’on pense que la politique ne peut rien faire pour résoudre en cinq ans le problème des femmes qui travaillent et qui n’arrivent pas à faire garder leurs enfants, il ne faut pas faire de politique.

Mêmes remarques que précédemment.

9. Si vous en avez besoin vous recevrez une allocation de formation de 300 euros par mois qui vous sera supprimée si vous n’êtes pas assidu à votre formation, si vous cessez d’étudier sérieusement. Vous aurez le droit d’emprunter à taux zéro avec la garantie de l’Etat pour financer votre projet personnel et vous commencerez à rembourser cet emprunt à partir du moment où vous aurez obtenu votre premier emploi.

Le domaine précis d’application n’est pas donné, ni l’âge, ni les conditions qui définissent l’ayant droit. La somme allouée est largement insuffisante pour vivre. On répondra que l’étudiant pourra travailler. Seulement, il est prouvé que le fait d’avoir à travailler fait augmenter l’échec aux examens. Pour se former, il faut du temps, et surtout de la disponibilité d’esprit. Cette mesure est donc inconsistante.

10. je propose un service civique obligatoire de 6 mois que chacun modulera en fonction de ses propres contraintes d’études, de projet professionnel, de vie familiale.

Que peut-on vraiment attendre d’une telle mesure ?

11. je veux porter le crédit d’impôt recherche à 100%

Encore une baisse d’impôt ! Et dans le même temps on dira qu’il n’y a plus d’argent pour financer la recherche publique…Peut-on sérieusement se fier au marché pour orienter la recherche dans le sens des besoins du plus grand nombre ? et en particulier des besoins non solvables ?

12. Je veux que les bas salaires soient garantis en cas de perte d’emploi, en contrepartie de l’obligation de ne pas refuser plus de deux offres d’emplois successives.

Visant encore une fois une fraction fragile du salariat, une telle mesure transforme le sens des allocations chômages. Il ne s’agit plus de garantir les personnes contre les aléas du marché du travail mais de leur imposer une nouvelle forme de contrôle sociale. Une fois encore la suspicion de notre homme de cœur est à sens unique. Implicitement, il met en cause la fainéantise des salariés les plus pauvres, sans se poser la question des conditions de travail qui pourront leur être imposées.

13. Je veux l’exonération de charges sociales et de l’impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires

Côté employés, cette mesure serait surtout favorable pour la minorité de salariés assez bien payés pour payer de gros impôts. En revanche, côté employeurs c’est tout bénéfice. Cette mesure va favoriser l’allongement du temps de travail contre sa meilleure répartition. En outre, ce genre d’exonérations est à l’origine du déficit de la sécurité sociale.

14. Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS.

Autant dire qu’on favorise le surenrichissement d’une infime minorité déjà très aisée. Laisser entendre que cet argent sera créateur d’emploi est une contre-vérité. Dans un contexte où le la spéculation financière rapporte plus que l’investissement productif, ce sont la consommation populaire et l’investissement public qui peuvent relancer la croissance. Et non l’initiative privée.

15. Je veux taxer les importations qui ne respectent pas les normes internationales plutôt que le travail. Le ministre candidat peut parler. Qu’a-t-il fait quand il était ministre de l’économie ?

16. Je préfère taxer la consommation plutôt que l’emploi.

En clair, il entend encore augmenter la TVA et baisser les charges sociales. Socialement c’est injuste puisque la TVA est identique pour tous, riches ou pauvres. Economiquement, c’est contre-productif puisque le gain pour les entreprises sera en partie compensé par le manque à gagner. En effet les plus modestes devront consommer moins. Moins de consommation, c’est moins de demande, donc moins de débouchés pour les entreprises.

17. Je veux un Etat où les fonctionnaires seront moins nombreux mais mieux payés, où ils pourront gagner davantage quand ils travailleront plus, où les gains de productivité seront équitablement partagés, où le mérite individuel sera récompensé.

Peu avant cette remarque, Sarkozy reconnaissait lui-même le manque flagrant de personnel dans les hôpitaux…on pourrait ajouter l’éducation, la justice, l’inspection du travail, et la poste. Et contre toute logique il propose de diminuer le nombre de postes dans la fonction publique. Qu’en déduire si ce n’est qu’il se fout éperdument de la qualité des services publics ? Sa proposition repose par ailleurs sur un déterminisme psychologique très grossier : la perspective de gagner plus engendrerait à elle seule un désir efficace de travailler mieux. Et surtout elle est inconsistante : comment entend-il au juste évaluer « la productivité » dans le cadre d’un service public ? Faut-il donner une prime à un soignant hospitalier qui expédie le plus grand nombre possible de patients par jour, l’agent de police qui donne le plus grand nombre de contraventions, l’enseignant qui donne les plus de bonnes, ou pourquoi pas de mauvaises, notes ?
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:59

L’ANPE vue par Nicolas Sarkozy

“La réforme du service public de l’emploi est impérative […] Il ne faut pas hésiter à recourir à des sociétés de placement rémunérées aux résultats” (France 3, 26 mai 2005)


Pour Nicolas Sarkozy, les services de l’ANPE sont par nature déficients. Conformément à sa vision des services publics, il plaide pour une privatisation du marché de l’emploi.

En tant que président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a ouvert le 29 avril 2005 les actions d’insertion des allocataires du RMI à la concurrence. Les sociétés Manpower et la SA Forgeco ont ainsi remporté l’appel d’offres pour s’occuper des RMistes du département.

En décidant d’ouvrir ces marchés, Nicolas Sarkozy remet donc de facto en cause les actions menées par les organismes publics ou associatifs en les mettant en concurrence avec des entreprises privées.

Les 20 millions d’euros consacrés en 2005 aux actions d’insertion ne sont donc plus gérés par les associations, les communes ou les centres d’action sociale qui s’occupaient jusqu’alors de la réinsertion sociale et professionnelle des allocataires. Les sociétés privées ayant remporté le marché ont pour seul objectif le placement des chômeurs, laissant ainsi de côté la vision plus globale de l’insertion prévue à l’origine par le RMI.

Par ce type de procédure, Nicolas Sarkozy met en oeuvre la marchandisation de l’insertion et des actions sociales les plus sensibles. Seules des structures publiques ou associatives peuvent remplir ces missions en étant conscientes des enjeux éthiques et de la dimension humaine de l’insertion des chômeurs.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 17:59

La famille, pilier de la pensée sarkozysteLa famille

"Réussir sa vie, réussir l’éducation de ses enfants, réussir sa famille : quelle plus grande et plus moderne ambition pour un jeune ?” (Congrès pour un mouvement populaire, 28 novembre 2004)


Dans son discours d’intronisation à la tête de l’UMP, Nicolas Sarkozy dessine le visage d’une France individualiste et dépolitisée dont l’aspiration principale serait la réussite individuelle et familiale.

Pourtant, sa politique entre souvent en contradiction avec cette “ambition” pour chacun..Ainsi, Nicolas Sarkozy organise dans les Hauts-de-Seine l’abandon progressif des crèches publiques, quand dans le même temps les crèches privées reçoivent une aide de son conseil général. ministre de l’Intérieur, il multiplie les menaces de suppression des allocations familiales pour les familles défavorisées qui en ont pourtant le plus grand besoin.

En outre, il défend un système d’enseignement supérieur privé particulièrement onéreux quand le gouvernement auquel il appartient diminue les bourses destinées aux étudiants issus des milieux populaires.

Plus grave, en prônant la diminution des droits de succession, Nicolas Sarkozy encourage l’accumulation des richesses au sein des familles les plus riches. Ces mesures renforcent la reproduction des inégalités.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:00

Les gens du voyage et Nicolas Sarkozy

“Comment se fait-il que l’on voie dans certains de ces campements tant de si belles voitures, alors qu’il y a si peu de gens qui travaillent ?” (Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, 10 juillet 2002)


En visite à Choisy (Val-de-Marne), le 3 octobre 2002, Nicolas Sarkozy prend “l’engagement de traiter l’ensemble de la question des campements sauvages de roms dans le Val-de-Marne d’ici à fin novembre”. Le 3 décembre 2002, à 6h30 du matin, 300 gendarmes mobiles assistés de 150 policiers débarquent dans le bidonville de Voie des Roses à Choisy pour une expulsion placée sous les objectifs de dizaines de journalistes convoqués pour l’occasion.

Le jour même, 71 personnes sont placées en garde-à-vue pour séjour irrégulier et sont en instance d’expulsion (quatre seront envoyées en Roumanie par un charter francoespagnol dès le lendemain).

Cependant, dans les deux jours qui suivent, toutes les personnes interpellées sont remises en liberté pour nullité de procédure. La remise en liberté est confirmée par la cour d’appel de Paris, le 10 décembre 2002. Le ministre proclame alors à qui veut l’entendre qu’il expulsera vaille que vaille ces roms de Choisy car “nous savons où ils sont” (RTL, 5 décembre 2002).

En désespoir d’arguments, Nicolas Sarkozy décide de s’en prendre au “caractère parfaitement absurde d’une procédure à laquelle personne ne comprend rien et qui permet à quelques professionnels de s’amuser avec la procédure avec des préoccupations uniquement idéologiques” (Le Figaro, 9 décembre 2002). “Remettre en liberté avant que le tribunal ait jugé au fond, c’est compliquer notre tâche” précise-t-il alors.

Le secrétaire général de l’Union Syndicale de la Magistrature (USM) prendra tout de même la plume pour rappeler au ministre-avocat quelques principes généraux de droit en lui indiquant, par exemple, que “la Constitution précise que l’autorité judiciaire est gardienne des libertés publiques. Les magistrats de Créteil n’ont fait qu’appliquer la loi de la République”.

Mais depuis, le ministre de l’Intérieur a trouvé une parade en créant un nouveau cadre juridique spécifique. La loi sur la sécurité intérieure (LSI), en janvier 2003, simplifie ainsi la procédure d’expulsion des gens du voyage (nouvel article 322-4-1 du code pénal) : saisie des voitures, suspension du permis de conduire pendant trois ans, amende de 3 750 €, emprisonnement de six mois. Quand les juges n’appliquent pas la loi comme on le souhaite ; le plus simple, c’est encore de changer la loi...
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:02

La laicite remodelée par Sarkozy

“La laïcité moderne, telle que je la conçois, ce n’est pas la laïcité intransigeante ou condescendante” (Bulletin des Elus Locaux, février 2005)


Nicolas Sarkozy a publié, en octobre 2004, un ouvrage intitulé La République, les religions, l’espérance. Ce livre a été écrit en collaboration avec Thibaud Collin, professeur de philosophie et auteur du “premier livre engagé contre le mariage gay” selon Le Figaro, et Philippe Verdin, religieux dominicain proche d’Hervé Gaymard.

Dans cet ouvrage, Nicolas Sarkozy précise que “la laïcité, c’est le droit de croire et de pratiquer sa religion de manière libre, publique et égale pour tous les cultes”.

Le droit d’être agnostique ou athée, en revanche,apparaît comme secondaire.

Pour lui, le fondement de la laïcité n’est pas le droit de croire ou de ne pas croire, mais avant tout celui de pratiquer le culte de son choix. Cette version de la laïcité tranche pour le moins avec celle de Jean Jaurès qui, au lendemain de la loi de 1905, assurait que “les citoyens ont le droit de croire ou de ne pas croire, de prier ou de ne pas prier, de pratiquer ou de ne pas pratiquer”.

La “laïcité moderne” ne doit pas avoir selon Nicolas Sarkozy à l’égard des religions “la défiance héritée de l’époque des grands combats laïques”. En effet, la “laïcité de combat” n’est plus à l’ordre du jour.puisque le religieux n’est pas “suspect”.

Le pas est définitivement franchi lorsque Nicolas Sarkozy affirme que “si Fouad Alaoui [secrétaire général de l’Union des organisations islamiques de France] dénonce deux intégrismes, l’intégrisme laïque et l’intégrisme musulman, je ne peux ni ne veux lui donner tort”.

A l’heure où les religions s’immiscent de nouveau dans la vie sociale (et Nicolas Sarkozy, par ses déclarations intempestives et son souci de gérer l’ordre public en s’appuyant sur les communautés religieuses, en est grandement responsable), pourquoi vouloir modifier la loi de 1905 si ce n’est pour remettre en cause un compromis qui a fait ses preuves tout au long du XXème siècle ?

Que peut-on donc attendre de la République laïque ? Nicolas Sarkozy l’énonce clairement : qu’elle fasse “respecter la règle et la loi”. Ainsi réduite à sa fonction strictement administrative et policière, “sa” République ressemble plutôt à l’État bonapartiste. A elle de garantir “l’ordre public” en laissant à la religion le soin de garantir “l’ordre moral”.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:03

L’Université vue par Nicolas Sarkozy

Le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, décline sa rupture dans tous les secteurs de la société ; le petit dernier : La recherche, les universités, l’enseignement supérieur pris à son tour dans la nasse du projet. La réforme du ministre-président alterne, une fois de plus, son lot de propositions floues et de mesures inacceptables. Ce salmigondis ultra-libéral repose sur une idée-force : le désengagement de l’Etat dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche ; un engagement de l’Etat aux côtés de l’entreprise privée, faussant par là la doxa libérale dont l’UMP ne cesse de se recommander.

Son discours, lors de la convention nationale UMP sur la « société de la connaissance » (sic) le 9 octobre 2006 l’illustre clairement. Les propositions sont les suivantes : sélection à l’entrée à l’université ; autonomie des universités pilotée par les régions, entendre : les comités pédagogiques paritaires composés certes d’élus, mais aussi de patrons des bassins d’emplois régionaux et de membres des corporations professionnelles.

Le programme est succinct, mais il reconnaît en creux les menées des gouvernements Raffarin 1 et 2 ainsi que celui du gouvernement Villepin, à savoir :la réforme du premier diplôme universitaire, le baccalauréat, dans le sens d’un « contrôle continu des connaissances » (re-sic) étalé sur deux ans (histoire de s’habituer à être en période d’essai dès le lycée), laissant à l’appréciation des professeurs et chefs d’établissement la validation du diplôme pour une majeure partie ; la mise en place des comités pédagogiques paritaires en régions qui décideront de la création, mais bien évidemment de la suppression et de la concentration des filières, les filières à débouchés rentables et immédiats pour les bassins d’emplois étant favorisés quant aux filières conduisant à des parcours de chercheurs, de créateurs, bref, celles des sciences humaines et sociales et de la recherche scientifique fondamentale . Ce sera, selon la logique de M. Sarkozy, déshabillé Paul pour habiller Pierre, ou, si l’on préfère, déshabiller l’Institut Curie pour habiller Martin Bouygues.

D’autre part, quand on évoque la sélection à l’entrée à l’université, il est clair que cela introduit deux biais nouveaux : les universités, pilotées dans le projet du président de l’UMP par les régions, sélectionneront leurs étudiants sur des critères de faisabilité de leur parcours au sein des établissements, entendre : de leur capacité à s’insérer dans les filières proposées par l’université et offrant un débouché dans les bassins d’emplois locaux. Qui peut encore croire que la mobilité nationale et internationale des étudiants sera encouragée par ce biais ? Qui peut encore croire que les universités, autonomes, n’auront pas recours à des crues de droits d’inscription pour financer ces filières non financées en totalité par la fermeture des filières, moins coûteuses, d’humanités et de sciences sociales ? Qui peut encore croire enfin que les étudiants pourront s’insérer à terme dans un parcours de chercheurs, de créateurs quand les filières de recherches fondamentales et d’humanités et sciences sociales auront été supprimées au profit du génie mécanique et du textile, qui ne seront pas financées, entendons nous bien, par les promoteurs de tels parcours, les patrons locaux du MEDEF et de la CGPME ? Nous, nous ne le croyons pas, en toute bonne foi, le président de l’UMP n’y croit pas non plus.

Le président de l’UMP suit une conduite dictée par son idéologie ultra-libérale, mais biaisée, amendée, jouant de complicité avec l’entreprise privée. Pour lui, le désengagement de l’Etat dans la recherche et dans l’enseignement doit être total. L’université ne doit pas former des chercheurs, les chercheurs ne doivent pas être fonctionnaires de l’Etat, ils doivent être intégrés à des entreprises privées. Pourquoi ? Parce que la recherche privée est la recherche appliquée, la recherche rentable qui peut capter immédiatement des capitaux ; réinjectés où ? Réinjectés dans les programmes recherche/développement de ces mêmes entreprises, le budget de l’Etat ne voit pas ces capitaux, l’Etat ne doit pas s’en mêler. Cependant, sa logique n’obéit pas au même système jusqu’au bout : l’Etat, qui finance à moins de 2,2% du PIB la recherche publique, alors même que Jacques Chirac s’était engagé sur 3% avant la campagne présidentielle de 2002 avant de faire des coupes drastiques dans ce même budget, eh bien l’Etat finance la recherche appliquée des entreprises par des cadeaux fiscaux offerts sur des remises de cotisations patronales. Nicolas Sarkozy, dans sa logique dangereuse n’est pas cohérent jusqu’au bout ; des remords peut-être… ? Nous ne pensons pas. Bien au contraire, il forge un nouveau concept, celui de libéralisme clientélaire.

En outre, on ne peut qu’être vigilant après les déclarations liges que le président de l’UMP a faites sur la recherche et l’excellence française : la loi de programmation sur la recherche prévoit une stagnation du budget jusqu’en 2010, ne tablant sur aucune croissance et aucune inflation. Cependant, les cadeaux fiscaux aux entreprises continuent. Il y aurait alors deux mondes, bien distincts : le monde de la recherche privée, qui maximise les profits des entreprises en créant de nouveaux produits, aidé en cela par l’Etat ; et le monde de la recherche publique, qui soutient de tous ses efforts les innovations du secteur privé, et qui n’a droit qu’à la stagnation de l’aide de l’Etat a un niveau ridiculement bas.

Partant, le budget des chercheurs est bas, le budget des universités tend à baisser quand on transfère les compétences, sans les crédits associés, aux régions, les droits d’inscriptions à l’université augmentent et le recrutement est affecté désormais à l’entrée même à l’université dans des filières peu épanouissantes et directement rentables pour des pouvoirs économiques locaux, nouveaux recteurs de l’ombre d’universités sans ambition.

Les envolées lyriques sur la recherche, l’excellence française et la « société de la connaissance » peuvent être entendues, mais là où la gauche s’est attachée à créer les conditions d’une société de la connaissance, la droite entend permettre l’émergence d’une société de courte vue du profit immédiat où la recherche privée tiendra moins de dix ans sans les apports de la recherche fondamentale, sans la formation de nouveaux chercheurs issus de l’université voyageant de pôles nationaux en pôles internationaux pour créer une société internationale du savoir partagé. Deux visions de la France. La France d’après de M. Sarkozy sent déjà, mort-née, le moisi.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:05

Nicolas Sarkozy et le système de soins

Profitant de sa présence au deuxième congrès francophone de la Chirurgie - on se demande d’ailleurs à quel titre le président de l’UMP avait été invité -, Nicolas Sarkozy a dévoilé, le 2 octobre, une partie de son projet de réforme du système de santé français.

La défense du lobby des chirurgiens

Revenant sur la polémique actuelle sur ses propos critiques envers le tribunal de Bobigny, le Ministre de l’Intérieur est allé encore plus loin dans la démagogie en demandant que la justice soit aussi dure pour condamner des délinquants "multirécidivistes" que lorsqu’elle condamne un chirurgien poursuivi pour faute professionnelle. En matière de sanctions de chirurgiens, "sait-on que la justice française prononce une condamnation dans un cas sur deux dont elle est saisie, contre une fois sur cinq aux Etats-Unis ? J’aimerais que la justice française fasse preuve du même zèle quand il s’agit de sanctionner des délinquants, surtout lorsqu’ils sont multirécidivistes !", a-t-il expliqué ainsi sous les applaudissements des chirurgiens qui n’en attendaient certainement pas temps.

La stigmatisation des médecins étrangers

Mais question populisme, Nicolas Sarkozy ne se pose décidément aucune limite.

On sait que la stigmatisation des étrangers est sans aucun doute l’un des leitmotivs de ses discours. Le candidat de la droite s’est donc étendu sur le "cas" des médecins étrangers, qu’il a ainsi taxé d’incompétence : " la situation des milliers de praticiens et étrangers ou d’origine étrangère qui ont été recrutés dans des conditions dérogatoires devra être réglée. Par respect pour eux et pour leurs patients, je souhaite qu’une procédure nationale de vérification de leurs connaissances professionnelles et de leur maîtrise de notre langue soit rapidement instaurée sur la base de l’équité avec les exigences imposées aux praticiens et aux étudiants français".

On croit rêver ! Cette attaque à l’encontre du corps médical étranger traduit une fois de plus le parti pris idéologique, loin du pragmatisme dont il se revendique, et la méconnaissance profonde de la réalité du milieu hospitalier.

D’une part, la reconnaissance mutuelle des diplômes au sein de l’Union Européenne est devenu la règle. Il parait donc inconcevable de la remettre en cause d’un strict point de vue légal. Par ailleurs, cette prise de position sous-entend que les diplômes français auraient plus de valeur que les diplômes étrangers. Prise de position déplacée, surtout pour quelqu’un qui se plaignait au cours d’un déplacement aux Etats-Unis de « l’arrogance » dont fait preuve la France sur la scène internationale.

D’autre part, la réalité des médecins aujourd’hui est celle d’une profonde injustice entre les médecins titulaires d’un diplômes français et les autres, qui ne sont pourtant pas moins compétents, mais dont les revenus sont très nettement inférieurs.

Le passage à un système de santé assurantiel "à l’américaine"

Visiblement très en verve, Nicolas Sarkozy ne s’est pas arrêté là. Dans ce discours devant les chirurgiens, il a tout simplement plaidé pour la mise en place rapide de la liberté tarifaire pour ces praticiens : "pourquoi ne pas ouvrir de nouveaux espaces de liberté tarifaire aux médecins, dont les chirurgiens, qui accepteraient une évaluation régulière de leurs pratiques et de leur obligation en matière de formation continue. Cette liberté plus grande serait alors encadrée selon des modalités définies au niveau national qui pourraient varier selon les spécialités. Elle devrait associer les complémentaires qui seraient appelées à prendre en charge une partie des dépassements autorisés. A condition de renforcer les aides à l’acquisition d’une complémentaire, cette liberté tarifaire régulée, conditionnée et surtout transparente, qu’on l’appelle secteur optionnel ou autrement, ne remettrait pas en cause l’égalité d’accès aux soins. Elle suppose toutefois que l’on donne la possibilité aux complémentaire de prendre une part plus active à la régulation des soins. Les pouvoirs publics doivent donc cesser de les cantonner dans un rôle de "payeurs aveugles".”

Cette proposition de Nicolas Sarkozy de favoriser la liberté tarifaire est cohérente avec sa conception de la sécurité sociale telle qu’il a pu la développer par ailleurs.

En effet, il s’était déjà prononcé pour une franchise dans les remboursements de la sécurité sociale, premier pas vers une privatisation du système de santé français.

Dans ce discours, Nicolas Sarkozy persiste et signe, en faisant reposer le financement de ses dépassements d’honoraires par « les complémentaires ». A l’injustice d’une telle proposition, Nicolas Sarkozy y ajoute l’indécence quand il ose affirmer que cela « ne remettrait pas en cause l’égalité d’accès aux soins ».

En effet, en France, la santé est considéré, mais pour combien de temps encore, comme un droit imprescriptible, et c’est pourquoi notre système de santé permet à tous les individus de pouvoir se faire soigner, quel que soit le niveau de leurs revenus. Non seulement, l’accès à une mutuelle à un coût que certains ne pourront pas assumer, mais il est à craindre que certains individus se verront tout simplement refuser l’accès à une mutuelle, car présentant trop de risque et n’étant pas « rentable ». L’Etat n’a jamais été un « payeur aveugle », mais s’est toujours préoccupé du bien-être de l’ensemble des citoyens.

Fidèle à l’idéologie libérale qui l’anime, Nicolas Sarkozy veut restreindre son rôle à la justice, la police et l’armée.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:06

Sarkozy et les juges...

“En Conseil des ministres ce matin, j’ai demandé au président de la République de demander au garde des Sceaux ce qu’il allait advenir du magistrat qui avait osé remettre un monstre pareil en liberté conditionnelle” (À propos d’un juge d’application des peines qui a remis en liberté conditionnelle le meurtrier présumé de Nelly Crémel, 22 juin 2005)


Nicolas Sarkozy laisse entendre que les magistrats sont irresponsables. Dans un entretien au Figaro.du 24 juin 2005, il s’interroge en ces termes à propos des magistrats : “tout le monde doit rendre des comptes, être responsable de ce qu’il fait. Y a-t-il une profession qui peut être à part ?”.

Du régime des primes au pouvoir disciplinaire du garde des Sceaux, de nombreux instruments permettent pourtant de contrôler voire de sanctionner des juges. Dans le cas d’une erreur judiciaire, la justice peut même se retourner contre un magistrat dont la responsabilité personnelle est engagée.

Nicolas Sarkozy, avocat de formation, devrait pourtant connaître ces procédures et savoir qu’aucune justice humaine ne saurait être infaillible.

Mais peu importe, l’important pour Sarkozy, c’est de trouver des bouc-émissaires. Même si cela risque de mettre en péril, le principe de séparation des pouvoirs.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:07

Sarkozy et les drogues

“Il n’y a pas de drogue douce ou de drogue dure […] Il n’y a que des drogues interdites et des usagers qui transgressent la loi” (Sénat, 21 avril 2003)


La politique des drogues en France s’est toujours fondée sur le discours moralisateur de la loi de 1970 à laquelle Nicolas Sarkozy reste profondément attaché.

En 1999 pourtant, Nicole Maestracci, la présidente de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT), proposa une approche renouvelée de la législation sur les drogues. Cette conception progressiste n’a pas survécu au retour de la droite aux affaires en 2002.

Dans son intervention devant la commission d’enquête du Sénat en avril 2003, Nicolas Sarkozy a détaillé sa conception des drogues et des politiques à mettre en oeuvre pour en limiter la consommation.

Réclamant une politique de “rupture” avec une gauche accusée d’avoir “organisé une véritable épidémie de consommation chez les jeunes”, il a réclamé une plus grande sévérité à l’égard des consommateurs. “Rien ne sera toléré […] Il n’y a pas de petite consommation personnelle, il n’y a pas d’expérience individuelle, il n’y a pas de jeunes libres et branchés” a-t-il ainsi déclaré à cette occasion.

Cette “tolérance zéro pour les usagers de drogue” n’empêche pourtant pas Nicolas Sarkozy de défendre les intérêts du lobby du tabac. Il n’hésite pas ainsi à réclamer que la lutte contre le tabagisme ne figure plus dans le champ d’activité de la MILDT car, pour lui, “si le tabac est nocif pour la santé, il ne génère pas de délinquance”.

La santé publique ne se mesure donc qu’en termes d’ordre public...
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:08

Le populisme pénal de Nicolas Sarkozy

“Je ne cherche pas à faire l’unanimité chez les magistrats politisés heureusement très minoritaires dans l’institution judiciaire qui ont oublié que leur devoir était de protéger les victimes, pas les délinquants” (Le Figaro, 18 septembre 2003).

Dans sa bataille contre l’insécurité et la délinquance, Nicolas Sarkozy en appelle régulièrement au malheur des victimes pour justifier sa politique sécuritaire. Cette logique aboutit aussi à contester le rôle du juge, qui est considéré non plus comme un arbitre mais plutôt comme un allié objectif des délinquants. Ainsi Nicolas Sarkozy n’hésita pas à critiquer violemment les juges lors de l’affaire Nelly Crémel au nom de la “souffrance légitime des victimes”.

Cette méthode a un nom : le “populisme pénal” tel que le définit le chercheur Denis Salas dans son ouvrage La volonté de punir. Plutôt que de laisser les forces de l’ordre et les magistrats mener à bien leurs enquêtes, Nicolas Sarkozy instrumentalise l’émotion suscitée par le crime et se pose comme la figure du justicier.

Ainsi, comme l’explique Denis Salas, “il épouse la colère de la victime, discrédite les instances chargées de répondre à la violence et à la délinquance, et brouille les frontières de la démocratie en en appelant à l’opinion publique”.

Nicolas Sarkozy est allé encore plus loin dans ce populisme pénal, en proposant qu’un représentant des associations de victimes soit systématiquement présent lors des décisions de remise en liberté conditionnelle.

Comme l’ont souligné avec justesse beaucoup de parents de victimes, on ne peut précisément attendre de leur part une décision objective et juste sur l’avenir d’auteurs de crimes similaires à ceux dont ils ont été les cibles.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:09

Nicolas Sarkozy : sa France d’après, la France du pire !

Depuis de trop longs mois maintenant, l’UMP et le gouvernement ne cessent de mettre en œuvre des mesures antisociales et démagogiques. Mais Nicolas Sarkozy et ses amis ne comptent pas s’arrêter là. Le président de l’UMP cherche à détruire tous les dispositifs de solidarité et de protection sociale. Sa France à lui, c’est la France du pire.


- disparition du service public de l’emploi “La réforme du service public de l’emploi est.impérative [...] Il ne faut pas hésiter à recourir à des sociétés de placement rémunérées aux résultats” (France 3, 26 mai 2005)

- suppression de la limitation du temps de travail “La réforme des 35 heures doit reposer sur un principe, le libre choix, en permettant à ceux qui le veulent de travailler plus pour gagner davantage” (Le Monde, 11-12 juillet 2004)

- suppression des Contrats à Durée Indéterminée (CDI) “Je souhaite que l’UMP propose un contrat de travail unique” (Convention sociale de l’UMP, 17 mars 2005)

- suppression de la carte scolaire et des ZEP "Il faut déposer le bilan des ZEP. Cette politique a échoué".” (30 novembre, 2005). « Je suis pour la suppression à terme de la carte scolaire” (Le Figaro, 20 février 2006)

- suppression de la sécurité sociale “Je crois utile qu’un système de franchise soit mis en place comme pour tout processus d’assurance. Ainsi les 500 premiers francs [76,22 €] de dépenses de santé annuelles des assurés sociaux ne seraient pas remboursés, afin de responsabiliser ceux-ci” (Libre, 2001)

- suppression du droit à la dignité des détenus “Les critiques du système américain dénonçant la surpopulation carcérale, je n’ai jamais compris cet argument car après tout, mieux vaut voir les délinquants en prison que dans la rue !” (Libre, 2001). “Il faut supprimer la possibilité d’accorder à un condamné une suspension de peine pour raison médicale” (Discours d’installation d’une délégation aux victimes, 11 octobre 2005)
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:10

Nicolas Sarkozy : le "tout" sécuritaire

Trois ans après avoir déclaré une guerre de propagande à la délinquance, la montée des violences montre l’échec de Nicolas Sarkozy en matière de prévention et de sécurisation de la société :


• Violences physiques sans mobile crapuleux (+ 7,80%) • Braquages, vols avec violences (+5,33%) • Menaces (+4,6%). • Augmentation de la violence dans les écoles et les prisons... • Suppression de la police de proximité et des aides aux associations, militarisation de la société, le ministre a toujours privilégié la répression au détriment de la prévention.

L’augmentation des violences, les émeutes des derniers mois sont le premier indicateur d’un malaise social qui ne cesse de grandir. Mais Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir retenu de leçon. Car il ne cherche pas à réduire la délinquance, ma is à jouer sur la peur des électeurs.

Nicolas Sarkozy répond à l’augmentation des violences par toute une batterie de mesures législatives qui remettent en cause nos droits collectifs et individuels :

? Sanctionner les familles des délinquants en les privant des allocations familiales (projet de loi sur la prévention de la délinquance). Cette idée va dans le sens d’autres mesures annoncées par Nicolas Sarkozy : caméras de vidéosurveillance, instauration de « stages d’apprentissage de parentabilité », de dépistage précoce des enfants de moins de 3 ans, délinquants potentiels... L’Etat a-t-il le droit de s’introduire dans les foyers et la vie privée des familles ?

? Mettre en place des policiers dans les écoles : le sécuritaire doit-il pénétrer jusque dans nos écoles ?

? Créer une réserve citoyenne de la police nationale pour « lutter contres les bandes ». Cette organisation pourrait évoluer vers une forme de milice de quartiers, milice citoyenne, ou vers un système de patrouille de « voisins » autour de leur maison, comme en Angleterre.

? Refondre la loi « anti-casseur » de 1970 : il suffira d’avoir participé à une manifestation avec casse ou pillage pour être arrêté, même si l’on n’a pas soi-même participé au délit. Cette proposition remet en cause l’idée que la responsabilité collective n’existe pas dans le droit pénal.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:11

Sarko et la vidéosurveillance

« Il faut qu’il y ait de la vidéosurveillance dans le métro, les aéroports, les gares. Nous allons aussi autoriser les lieux de culte et les grands magasins à la développer sur leurs trottoirs » (Le Monde, 24 octobre 2005)


Au nom de la lutte contre la délinquance et le terrorisme, beaucoup d’élus de droite comme de gauche revendiquent un usage généralisé de la vidéosurveillance. Nicolas Sarkozy tout en ayant reconnu que ce système de surveillance ne « répond pas à tout », propose dans son projet de loi contre le terrorisme d’en multiplier les utilisations.

Symbole d’une politique sécuritaire inspirée par le modèle anglo-saxon, la vidéosurveillance n’a cessé de se développer dans notre pays. On installe près de 1.500 caméras par an dans les rues, les places, les transports publics, les parkings et les galeries commerciales. Ainsi à Paris, on en dénombre déjà plus de 20.000 pour le plus grand bonheur des entreprises privées qui en assurent l’entretien et la surveillance.

Nicolas Sarkozy souhaite donc aller encore plus loin en complétant la loi Pasqua de janvier 1995, qui légalisait la vidéosurveillance dans les espaces publics. Ne permettant que de contrôler a posteriori les actes de délinquance, les dispositifs de vidéosurveillance coûtent extrêmement chers. Ils monopolisent aujourd’hui les crédits affectés aux politiques de sécurité, aux dépens du financement de présence humaine dans les lieux publics.

Le recours généralisé à des caméras de surveillance est onéreux et pose de véritables problèmes en termes d’atteinte à la vie privée. Mais en plus, on peut douter de son efficacité. Pour preuve, l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile-de-France (IAURIF) dressait un bilan particulièrement sévère de l’installation de la vidéosurveillance dans les transports publics : « D’un point de vue strictement quantitatif, la vidéosurveillance ne traduit pas de baisse significative de la délinquance stricto sensu dans les réseaux ferrés et routiers franciliens, ni de changement de nature des faits ».
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:12

Le RMI et Sarkozy : une nouvelle vision de la "solidarité"


« Je n’accepte pas qu’il y ait des gens, qui soient au RMI et qui, à la fin du mois, aient autant que des gens comme vous (des salariés), qui se lèvent tôt le matin » - Vitré, 17/06/2005

Pour information, le RMI s’élevait en juin 2005 à 425,40 euros mensuels pour une personne isolée contre 1217,88 euros pour le SMIC (base 151,67 heures). Ce, quelle que soit, l’heure d’embauche...

Dans les Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a lancé cinq marchés publics au début de l’année 2005, dans le cadre du programme départemental d’insertion (PDI).

L’ANPE mais aussi et surtout deux entreprises privées, Manpower et la SA Forgeco, ont remporté l’appel d’offres. Le budget de 19,5 millions d’euros débloqué cette année par le département pour mettre en oeuvre ces actions d’insertion ne sera donc plus ventilé de la même façon sur les associations, collectivités locales, établissements publics et centres communaux qui s’occupaient jusqu’à présent du volet social et professionnel des allocataires.

En décidant ces marchés, Nicolas Sarkozy supprime donc de facto les actions menées par ces organismes publics ou associatifs en les mettant en concurrence avec les entreprises privées. La plupart d’entre eux n’ont pas été retenus ou ont refusé de soumissionner à ces marchés. Il en résulte que, sur le marché de mise en oeuvre des contrats d’insertion revenu minimum d’activité, les cinq lots ont été attribués à l’ANPE mais aussi à deux entreprises privées.

C’est ainsi par une procédure anodine qu’on marchandise tranquillement l’insertion des bénéficiaires du RMI.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:12

La "valeur travail" de Nicolas Sarkozy


« Le travail, ce n’est pas l’aliénation. Le travail, c’est l’émancipation » - Journal de 20h00 de France 2, 12 février 1998

« Le travail libère l’individu. (...) Le travail est une valeur de libération » - Journal de 20h00 de France 2, 29 mars 2005

« le nouveau modèle français que j’appelle de tous mes vœux, (...) un modèle où le travail sera la base de tout » - Université d’été de l’UMP, 4 septembre 2005

Nicolas Sarkozy est un forçat de travail, tous ses conseillers se plaisent à le rappeler régulièrement. Alors, pour lui, il n’y a pas de raison que les autres dérogent à sa propre règle. Pour s’émanciper ? Le travail ! Pour se libérer ? Le travail ! Pour réussir ? Le travail ! La solution est donc simple, quelles que soient vos envies ou vos besoins, il n’y a qu’une solution : le travail.

Mais, si l’on peut aisément s’accorder sur le fait que le travail peut être une voie de réalisation personnelle, il n’est pas évident pour tout le monde que le travail soit l’alpha et l’oméga de toute activité humaine.

De plus, lorsque Nicolas Sarkozy valorise le travail, c’est pour, dans la phrase suivante, l’opposer aux « assistés » qui, sans considération de leur valeur ou de leur situation individuelle, sont tous logés à la même enseigne, celle de l’oisiveté et de la fainéantise.

Ainsi, il n’hésite pas à mettre sur le même plan réussite, travail et mérite. L’un de ces termes peut d’ailleurs être remplacé par l’autre dans toute phrase. Si la réussite ne vous sourit pas, c’est que vous n’avez pas suffisamment de mérite. Si vous n’avez pas suffisamment de mérite, c’est que vous ne travaillez pas assez. Conclusion : quoi qu’il arrive, vous ne travaillez jamais assez.

Seuls l’intéressent les courageux, les besogneux, cette « France qui travaille et qui se lève tôt ». C’est à elle qu’il s’adresse, c’est pour elle qu’il se bat. Mais, quid des autres ? Ceux que la vie a malmenés, laissés sur le bord du chemin de cette « réussite », ceux que ce même Nicolas Sarkozy accuse de vouloir « la réussite et la promotion sociale (...) en faisant la queue à un guichet ». La réponse est simple : ils doivent travailler !

Il y a trop de chômeurs en France ? Et bien, qu’ils travaillent ! On dirait du bon Coluche, c’est en fait du mauvais Sarkozy...
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:13

Logement : l’imposture SARKOZY


Avec moins de 3% de logement social (757 logements soit 2,56% au 1er janvier 2004),on ne peut pas dire que la ville de Neuilly-sur-Seine soit une commune adepte de la mixité sociale. Derrière ses discours sur les discriminations positives et la république « partagée », il y a les faits : En tant que maire de sa ville, Nicolas Sarkozy a toujours préféré payer les pénalités prévues par la loi plutôt que de se conformer au seuil de 20% de logements sociaux prévues par la loi SRU.

En tant que président du Conseil général des Hauts-de-Seine, on ne peut pas dire non plus que Nicolas Sarkozy soit un ardent partisan du logement social. Son ambition dans ce domaine est de vendre d’ici à cinq ans 4.000 logements HLM alors que plus de 75.000 personnes attendent des logements sociaux dans son département.

Au cours de la convention sociale de l’UMP organisée en mars 2005, Nicolas Sarkozy a défendu cette politique et proposé qu’au niveau national « 1% chaque année du parc social » soit vendu pour que « le rêve de la propriété soit accessible à tous ».

Est-il disposé, pour autant, à relancer la construction du parc HLM ? Rien n’est moins sûr. En effet, après avoir lui aussi défendu l’idée d’une agence foncière régionale lors de la campagne électorale des élections régionales de mars 2004, Nicolas Sarkozy s’oppose maintenant à la création d’un tel outil foncier en Ile-de-France.

Pour faire « capoter » ce projet porté par le Conseil régional, le Président du conseil général n’a pas hésité à créer son propre Etablissement public foncier, par une délibération du 3 février 2005. Nicolas Sarkozy souhaite ainsi garder sa mainmise sur la politique de l’habitat dans son département.
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:13

Sarkozy : l’ennemi des 35 heures


Il aime tant la dénigrer cette réforme qu’elle est présente dans tous ses discours comme un leitmotiv. Devant les étudiants américains, il s’affirme comme l’anti-modèle français, il s’exclame : "Je suis français et je travaille plus de 35 heures par semaine."

S’il est bien un sujet face auquel l’action de Sarkozy est clairement orientée et ne subit pas les constantes réorientations stratégiques de son discours, c’est bien la réforme des 35 heures.

En février 98, il annonce déjà "Nous reviendrons sur les 35 heures". Et s’explique plus tard : "La France est le seul pays au monde qui ait réussi cet exploit : affaiblir la valeur du travail dans la société et brider à la fois son offre et sa demande, sans même parler du coût colossal de cette réforme sur les finances publiques" La valeur du travail ! c’est bien de cela qu’il s’agit pour Sarkozy.

Il n’est pas question de temps libéré, de temps pour vivre, de temps de loisirs, de temps pour s’engager, pour aimer mais de la valeur du travail. Comprendre : l’état forme des fainéants !

Lors d’une de ses sorties populistes il affirme : "On n’est pas plus malade parce qu’on travaille 39 heures au lieu de 35". Bien sur que si Monsieur Sarkozy ! Vous le savez comme nous.

Et puis quand bien même... s’agit il vraiment de cela ? Pourquoi ne pas admettre que l’aménagement du temps de travail a été la mesure politique la plus créatrice d’emplois ? Pourquoi ne pas évoquer aussi la transformation sociétale qu’elle a entrainé ? Parce qu’elle est "couteuse pour les finances publiques" !

Mais dans ce cas, il faut aussi évoquer ce qu’elle fait gagner aux fonds publics, au système de protection sociale (chomâge, sécurité sociale...)

En juin 2004, il plaide donc pour une "réforme profonde des 35 heures"... au risque de semer la confusion. Sa demande est enterrée par le chef de l’état mais déjà, les entreprises se sont mises à douter de la pérennité des aides publiques... est ce vraiment bon pour l’emploi ?

Sa réponse à lui à ces mesures tient en deux mots : "libre choix".

Celui qui évite soigneusement de trop dévoiler ses orientations libérales est cette fois démasqué.

Son crédo : « chaque salarié pourrait, dit-il, faire acte de volontariat dans son entreprise, en choisissant [ou non] de faire des heures supplémentaires » Il oublie que c’est évidemment déjà un peu le cas. La durée maximale du travail est de 48h, ce qui laisse la voie à 13h supplémentaires hebdomadaires. Et puis, on lui demandera de nous citer les entreprises où le salarié décide lui même de son contrat de travail. Elles sont tout de même rares ces boites où l’employeur se fait dicter le rythme de travail par son employé.

Le libre choix est en fait celui du patron.

Et Sarko s’enfonce : "Il faut encourager les heures supplémentaires et non les décourager".

Bravo, c’est surement l’idée la plus lumineuse de ces dernières années pour faire reculer le chômage de masse.

Mais son raisonnement va plus loin encore. En proposant d’individualiser en quelque sorte chaque contrat de travail, par son concept attirant de "libre choix", Nicolas Sarkozy ruine toute convention collective, tout combat syndical.

Finalement, son pragmatisme, ses propositions surtout pas idéologiques cachent mal un vieux libéralisme et le fantasme d’individus à qui l’on dit offrir tellement de "liberté" qu’on leur retire tout ce qu’il leur en restait.

Dés lors, rien d’étonnant à ce qu’Ernest Antoine Seillière cite Nicolas Sarkozy en quittant la présidence du MEDEF comme un grand homme. Il l’avait déjà encensé un peu plus tôt, qualifiant le ministre de l’économie de l’époque de "Zidane de Bercy".

En résumé, pour Nicolas Sarkozy « la réforme des 35 heures a été un contresens économique ». Ce qui est clair c’est qu’elle était totalement à contresens de sa politique économique... fortement libérale !
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:14

Nicolas Sarkozy ou la société du mérite

Lors d’un récent discours d’inauguration de gymnase de collège des Hauts-de-Seine, Nicolas SARKOZY en a profité pour développer, une nouvelle, fois son credo sur la“société du mérite“.


En effet, le Conseil général des Hauts-de-Seine proposera, dès la rentrée prochaines, des bourses pour « les élèves méritants venant de quartiers défavorisés ». C’est ce que le président du Conseil Général appelle « promouvoir l’égalité des chances » !

En bon libéral anglo-saxon qui se respecte Nicolas SARKOZY pense que la société naturelle existe. Elle dote plus ou moins les individus au départ, mais elle permet à ceux qui le veulent vraiment de sortir de leur condition de manière individuelle et sans l’entremise d’une instance de régulation quelconque (comme la puissance publique, par exemple).

Bien évidemment, l’Etat se borne, dans ce système, à aider les « méritants », les autres ne devant attendre que coup de matraques et flash ball. Cette société du mérite implique également que le chef ou ses services choisissent les bons et les mauvais : jeunes des quartiers, immigrés (cf. « immigration choisie »), allocataires de droits sociaux, etc. Toute promotion sociale devient ainsi discrétionnaire voire arbitraire (cf. le petit Haïtien finalement sortie de la zone de rétention de Roissy par ordre du Prince) .

Cette théorisation du mérite comme valeur entraîne un sentiment anxiogène puisque, outre de creuser les inégalités au lieu de les réduire, la société de monsieur SARKOZY a pour conséquence de mettre en avant une concurrence sans merci entre les individus (surtout les plus mal dotés au départ).

Enfin, il va sans dire que pour les catégories les plus privilégiées, pas besoin d’être méritant pour bénéficier des largesses de la politique libérale de Nicolas SARKOZY...
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:15

Le libéralisme froid de Nicolas Sarkozy

Qui est le « ZIDANE de la politique » pour E-A SEILLIERE ? Nicolas SARKOZY bien sûr !

Pourtant, SARKOZY se targue d’être un pragmatique en économie. Il déclarait en octobre 2004 à Time Magazine « Je suis libéral » (c’est mieux en le disant !) « mais quand j’ai un dossier sur mon bureau je ne passe pas mon temps à me demander ce que Ricardo, Smith ou Hayek aurait fait » (il à l’air de bien connaître les théoriciens du libéralisme économique !).




Le problème c’est que pour l’ancien patron des patrons, pourfendeur des 35 heures, du code du travail, de la protection sociale, des assistés, des chômeurs allocataires, etc...SARKOZY est le meilleur !

Il faut dire que SARKOZY lors de son passage au ministère des Finances (de mars à novembre 2004) a mis son « pragmatisme » au service exclusif de son « libéralisme ». Il n’y a qu’a observer la plupart des mesures nouvelles inscrites dans la loi de Finance du budget 2005 pour s‘en convaincre :

baisse de l’impôt sur les sociétés
remise en cause du prêt à taux zéro pour l’accès à la propriété
défiscalisation pour l’aide à domicile concernant les hauts revenus
privatisation de France telecom, ouverture du capital de GDF et EDF, restructuration de la Poste
baisse d’environ 10 000 postes de fonctionnaires dans la fonction publique d’Etat

Sans, bien sûr, parler de ses sorties sur les méfaits des 35 heures, de l’ISF ou sur les mérites de « son livre de chevet », le rapport CAMDESSUS qui propose en gros que la France aligne ses standards sociaux sur ceux des pays émergents à faible coût du travail...

En somme, une bonne vieille politique de « classe », un libéralisme intemporel qui sert les riches et dessert les pauvres. Comme au bon vieux temps des maîtres de forge et des manufactures du XIX ème siècle (c’est pour cela qu’il plaît tant à SEILLIERE).

A une époque où le pouvoir politique était bourgeois et autoritaire (Louis-Philippe, Napoléon III) et où l’économie capitaliste n’était pas entravée par des droits sociaux dévolus aux travailleurs...
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MessageSujet: Re: Combattre Sarkozy   Sam 10 Mar - 18:15

Nicolas Sarkozy : Un populiste en politique

Marine Le Pen a qualifié Nicolas Sarkozy de « populiste stagiaire » au sujet de ces récentes déclarations sur les juges, les victimes et les récidivistes .

De fait, à chacune de ses interventions publiques, Nicolas aime reprendre le triptyque populiste de Jean-Marie Le Pen : provocation, émotion, empathie. Premère analyse de son rapport de stage...

Provocation, ça c’est pour le « nettoyage », au karcher.

On essaie, votre langue fourche, un peu ; c’est pour voir comment ça réagit, dans le peuple, cette « France des oubliés » (discours à Evreux, 21 octobre 2002) à qui vous prétendez parler. Ensuite, on jette quelques encore évidences, quelques mesures de bon sens, des mesures populaires en un mot. Et c’est l’immigration, encore : « Les hollandais ont fait dix-sept charters, au nom de quoi la France serait le seul pays qui n’aurait pas le droit d’expulser les étrangers qui n’ont aucun titre de séjour ? ». Oui, au nom de quoi ? Le bon sens, encore une fois.

Emotion, pour continuer. L’émotion, c’est quand on a fini de nettoyer, pour commencer à attaquer les juges, toujours car on est « du côté des victimes ».

Les juges doivent payer, c’est un déni de justice à la justice, Sarkozy court-circuite le débat parlementaire qu’il veut engager sur les récidivistes et tombe à bras raccourcis sur l’irresponsabilité des juges. Ils doivent « payer », ce sont des mots de chef de clan corse, de faiseurs de vendetta. Pas ceux d’un Ministre d’Etat de la République. Nicolas Sarkozy dirige une coterie, plus son ministère. Jusque-là, il est plutôt doué, le « stagiaire ».

Empathie, pour finir. Troisième marchepied pour gagner le cœur du peuple qu’on dit battre au cœur de l’Etat, dans le sein du ministère de l’Intérieur.

On tape sur la vie chère, les transports trop longs, les appartements délabrés, et c’est gagné. « Faut-il que ceux qui ont le travail le plus pénible, ceux qui ont la durée de trajet la plus longue, ceux qui habitent dans les appartements les moins confortables, faut-il que ceux-là de surcroît aient peur ? ». (discours, op.cit.).

Ah ! et la cerise sur le gâteau, ce que le maître en populisme qu’est Le Pen lui a appris, c’est le jeu d’acteur. A ce propos il déclare : « Avec les acteurs, on se comprend. On ne fait pas le même métier, mais on a le même public. »

Nicolas Sarkozy veut être populaire, il emprunte au populisme ses vieilles recettes. Les mêmes termes, les mêmes effets de manches le rapprochent du vieux leader d’extrême droite. D’ajouter face aux journalistes dans l’avion qui le ramène d’Aurillac : « Je ne vise pas l’électorat FN, je l’ai déjà ».
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